Noël 2019, place des Victoires à Mulhouse.

Dans la nuit brûle et luit – tendre, dense – l’innocence. Quelle étoile à l’étroit embrase, évase à l’infini, ce toit ? Sous la froidure, quelle monture lève le museau vers un air nouveau ?

Parc de Wesserling.

Soudain la souche alors débouche, en suspens dans le vent, certes solitaire et pourtant solaire sous le poli qui l’accomplit, non pas bancale, mais verticale, pour laisser libre cours aux nervures des jours.

Parc de Wesserling, terrasse de “Cuisine et Jardins” : sphère armillaire et sculpture signée Ve ?

La sphère armillaire élargit les ères et la mousse redresse au tronc cave la noblesse d’un front. Quelle planète aux confins des années trace dans l’ombre de neuves travées ?

Nuit de la Saint-Sylvestre 2019 à Mulhouse.

Éruption d’éclosions… Roue de pétales éphémères, envol de doux cratères frères : il naît un fruit de chaque bruit.

Feu d’artifice municipal à Mulhouse pour inaugurer l’an de grâce MMXX ?

La ville décolle, entraîne et console : à son essor quelle boussole montre le nord ?

Que se taisent devant l’harmonie nos artificielles galaxies.

Des Voies lactées instantanées sans s’arrêter vont allaiter.

Feu d’artifice sur Dornach avant l’aube de l’an de grâce MMXX.

Quel ange penche sa veille blanche ? De tout côté brille l’été si nous voulons attendre et, plus que prendre, apprendre. Les vieux Albums du Père Castor montent lentement de la mémoire le long de cette moire, moins noire que l’oubli des torts et des accords.

Dernière page de “La Boîte à soleil” d’Albertine Deletaille, Album du Père Castor, Flammarion, 1954.

Nous tenons encore dans les mains moites de notre âme, plus sûres qu’une boîte, la réserve d’un clair soleil aux grains toujours prêts au réveil.

Frère et soeur de “La Boîte à soleil” dans la nuit de fête.

Nul besoin de fiole pour que des lucioles produisent leur effet. Il suffit du partage : l’or dès lors s’en propage. Ainsi Noël renaît chaque fois que la crèche en nous creuse sa brèche, comme un pas vers la paix, comme un geste effaçant les taches et révélant ce qui se cache.

Première page de “La Boîte à soleil”.

Quelle SAVeur dans le SAVoir quand les lignes vous font signe, quand le Salut se donne à voir, qu’avec nous il dessine patiemment et jardine ! Visiteurs de Théâme, aimez l’an deux mil vingt : cultivons-en chaque heure à l’instar d’un matin…

Première de couverture maculée, tout usée, de “La Boîte à soleil” demeurée fraîche comme la Crèche.

One Reply to “Une humble crèche creuse la brèche.”

  1. C’est l’enfance en nous toujours éternelle qui nous prend par le coude avec cette boîte à soleils devenue boîte à lucioles. Vive les chers Castors qui firent sur les rivières de nos jeunes années de si inoubliables barrages. Les sandales de la fillette nous donnent en plein hiver le chatouillement doux des pieds nus… tandis que sur le ciel de Mulhouse les feux d’artifice chatouillent le firmament et viennent offrir à chacun de petites épiphanies d’éclairs par-dessus les toits de la ville. Mais il y a aussi des étoiles en plein jour comme cette sphère armillaire du jardin de Wesserling. Nous sommes à la saison où la sève dort sous les écorces, où le blé d’hiver se repose en terre… Les étoiles du givre finiront par laisser place à celles des bourgeons qui patientent et tremblent dans l’exil de janvier. Un feu végétal y couve dont l’explosion sera sans artifice, et les arbres veillent sur cette vie qui dort, comme dort encore l’enfant dans sa crèche. Je songe à cette berceuse canadienne jadis chantée à mes tout-petits : “Plonge plonge dans ton songe, pour être un jour le Sauveur. Il faudra mon doux dormeur renaître et renaître”. C’est ainsi qu’en ce début d’année la nature dort : elle veille sur les braises de la vie et nous invite comme elle à renaître, à devenir des lucioles qui vont sortir de leur boîtes.

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