Pont du tram enjambant le Rhin et reliant Strasbourg à Kehl, inauguré le 28 avril 2017, https://files1.structurae.de/files/photos/5256/2016-07-21/dsc07882.jpg

Je ne mourrai pas“, chante avec assurance le psaume 118 (ou 117) au verset 17.

Qui veut réaliser cette outrecuidante volonté peut suivre le conseil de détachement et de mouvement attribué à la sainte patronne de l’Europe, Catherine de Sienne en ce jour honorée par le calendrier : “La vie est un pont : traversez-la, mais n’y faites pas votre demeure.” Or, au début du “pont” du 1er mai célébrant le travail, un pont franco-allemand soude à travers les transports en commun et la coopération fraternelle deux villes autrefois séparées par de vieilles inimitiés, fédérées à présent sur les rives du Rhin, Kehl et Strasbourg !

Strasbourg, devant le Parlement Européen : l'”Europe à coeur” de L. Tcherina parée des couleurs franco-allemandes, cliché fba85999-1498-49f3-bc0c-1cc64dff2d74 du Mouvement Européen Alsace.

D’autres clés pour faire échec aux absurdes apparences de l’existence sont fournies par Gabriel Marcel : “Je rappellerai d’abord cette phrase d’un de mes personnages : Aimer un être, c’est dire : toi, tu ne mourras pas. Mais quel peut être le sens exact de la portée d’une telle affirmation ? Elle ne se réduit sûrement pas à un vœu, à un optatif, elle présente bien plutôt le caractère d’une assurance prophétique… ”

Dans le même ouvrage Le Mystère de l’être, la liberté semble d’ailleurs indissociable de l’attention à l’autre : “Descartes l’avait déjà vu avec une admirable netteté : la liberté d’indifférence est le plus bas degré de la liberté.”
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Sous ce titre choc “Tu ne mourras pas” ont été publiés d’autres livres. Citons de Jacques de Bourbon-Busset le journal, tome VII, montrant aussi l’alliance de l’amour et de la liberté : “Créer la liberté à l’intérieur de la nécessité est sans doute la moins mauvaise définition de l’amour. Qui donne sa foi conquiert sa liberté.”

Or Bernard Brien a récemment publié la biographie de Jerzy Popieluszko, un jeune vicaire polonais tué en 1984 par la sécurité intérieure du régime, en citant cette phrase prononcée en pèlerinage l’année précédente : “Notre nation, enracinée dans sa tradition chrétienne, aspirera toujours à la liberté”.
Quelle joie que la délivrance par la résistance, analogue à celle d’un anESTHÉSiste pédiatrique assistant au réveil d’un jeune (im)patient et de ses SENS déjà souriants !
D’une génération à l’autre, rebondissent ainsi, librement, paroles et prières, lettres et dialogues, rêves et réveils, pulvérisant les limites mortelles : Anne Miguet les a vues céder plus d’une fois au chevet d’un être cher. Quel honneur d’avoir accompagné les épreuves de son nouvel ouvrage ami, pétri de poésie et de piété bien plus que filiale, où le “rayonnement […] atteint sa cible” sans faillir ni trahir, et que vient de publier le Bon Albert !
Cliché Théâme.

Non, fils et filles nés d’Europe avec les bateaux, les bâtons d’écriture et les ponts, nous ne mourrons pas : à condition de travailler aux grands chantiers de l’amitié.

Urbanisme strasbourgeois de St-Urbain au Rhin, cliché Théâme.

 

 

 

One Reply to ““Tu ne mourras pas.””

  1. Un très beau Théâme !
    En écho, aujourd’hui dimanche : “Je suis venu pour que vous ayez la vie et la vie en abondance”.
    Merci, Martine.

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