Colibri et hibiscus s’esquissent sur cette création festive d’une amie, Marie-Odile Scharwatt.

Désespérer ? Jamais de la vie ! Le colibri, de son bec-pinceau, nous recolore le cœur en beau, quand il repousse en douceur l’envie, celle qui ne peut trouver mieux, celle qui trop vite nous rend vieux, nous éloignant toujours de la vie, chassant d’un rictus le libre hibiscus ! La haine ronge de ses mensonges d’abord celui qui tue autrui, sous ses mauvais songes, et ses propres fruits :

http://www.champ-vallon.com/
André Rauch, L’Envie, une passion tourmentée, éditions Champ Vallon, 2021. La riche iconographie de cet ouvrage passionnant interroge à travers chaque légende le lecteur.

« L’envie débauche le pécheur, écrit André Rauch au terme de son magistral panorama chronologique, de la contemplation ». Le bien commun qu’est la chose publique jusqu’en notre for intérieur implique le très simple pouvoir d’exercer notre droit : sortir de « l’inversion » pour remettre à l’endroit la VUE, car l’EN-VIE n’est que la PERVERSION triste du REGARD. Elle brouille à nos yeux toute piste, comme le jaloux souffre, écume et bout. Mais, contre le mauvais œil, la barque ingénieuse s’est armée d’énergie et d’aides merveilleuses.

Détail d’une photographie prise par Frédéric Boissonnas lors de l’expédition de Victor Bérard
en archéologue de l’Odyssée, et figurant avec la légende Peregil à la page 109 de l’ouvrage de Sylvain Tesson Un été avec Homère – Voyage dans le sillage d’Ulysse,
éditions Equateurs/Humensis-France Inter, 2020 (on distingue à l’avant de la coque le traditionnel oeil apotropaïque).

On n’aurait pas pu conserver le souffle de nos épopées que sont l’Iliade et l’Odyssée sans les papyrus innervés de lettres phéniciennes, de houle musicienne, par la force première aleph, bovin au trait fort et bref.

Un autre détail de cliché pris par Frédéric Boissonnas en 1912 : à Messine,
boeufs et navires restent des instruments de communication.

Seul l’ENTHOUsiasme, ce DIEU qui vit EN nous et qui passe entre nous, chasse les miasmes de l’homme et de la femme au pauvre esprit jaloux.

https://www.radiofrance.com/presse/editions-radio-france-beau-livre-un-ete-avec-homere-sylvain-tesson-equateurs-france-inter

Alors, les intérimaires intègrent une grammaire inédite, par les seuls doigts de l’écrivain pour peu qu’il ne veuille pas composer en vain, loin de la vie réelle, ses creuses ritournelles. Soyons témoins pour laisser moins de prise au démon du diable, à l’affût, aux aguets, toujours insatisfait : nul mal n’est irrémédiable.

https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/3196047-20211213-ouistreham-2021 : Ouistreham, film d’Emmanuel Carrère adaptant l’ouvrage de Florence Aubenas Le Quai de Ouistreham.

Ecris ou lis, en tout cas vis. L’espérance n’est pas rance, TOUT NAÎT PAS FINI, nul don n’est banni, jamais de la vie ! Toujours de la vie, par de bons ouvriers de plume ou de clavier, veut être nourrie, bénie et guérie, pour que rien ne vienne troubler en hiver la pousse du blé, pour qu’EurOPE du crépuscule passe à la VISION majuscule.

Territoire de Belfort : au crépuscule, le blé d’hiver se constelle
de dégel. Alors l’aurore lève et s’essore.

2 Réponses de “Toujours de la vie !

  1. Béni soit l’or du blé d’hiver au dernier rayon-pinceau du soir. Ainsi l’Aurore depuis Homère a des doigts de rose et le crépuscule aura des rinceaux d’or. Et la terre d’hiver portant le blé annonce les futurs étés. Tel est le toujours de la vie. Et, l’écrire, c’est l’ aimer deux fois, en augmenter la réalité, la gratitude d’être EN VIE, cette gratuité infinie – si contraire à l’ENVIE, cet interdit majuscule du dixième commandement. Mais de qui donc ce tableau si terrible pour illustrer la plus triste des passions tristes ? On y discerne Joseph vendu par ses frères. Ah, la joie du colibri annonceur d’une justice qui commence avec des actes minuscules. Mais que dire sinon le louer, de l’acte de Florence se mêlant à ceux d’Ouistreham, pauvre parmi les pauvres, opprimée parmi les opprimés, et devenant Témoin, bouche qui crie pour la Justice ? Alors Ecrire devient coup de bec du colibri. Alors vous tous, Théâme, Florence, Sylvain, Emmanuel ou André, écrivez encore, nous sommes quelques-uns à croire qu’un peu de justice et de vérité, un peu de Vie Bonne, arrive aussi de ce côté…

    1. Ecris aussi, l’amie Anne : que la manne céleste de l’amour se pose chaque jour, nous garde en vie, loin de l’envie, et qu’elle maintienne notre envol à l’écoute, au service, du sol !
      La première de couverture de cet ouvrage d’André Rauch est un détail du tableau signé Jacques De Backer (ca1570-1575), exposé au Musée de Capodimonte (Naples). Voici sa légende dans le cahier central d’illustrations en couleur : « Cette figure diabolique, couleur vert et jaune, ronge son coeur. Dressés sur sa tête, des serpents annoncent désordres et cruauté. L’envie n’est-elle pas la source des crimes et des mensonges qui l’entourent ? »
      L’interprétation donnée à la scène de gauche par le précédent commentaire semble toucher juste d’après les propos qu’a tenus l’auteur le 18 janvier à la Maison Engelmann.

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