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Pendant le”Mystère de l’Etoile”, grandes orgues et voûte de la cathédrale de Strasbourg, cliché Théâme.

Les mots disent bien ce qu’ils veulent dire : dans toutes nos langues humaines, d’autres nuances immenses vers nous accourent et se font jour, puis nous emmènent . On peut certes aussi bien tomber malade que tomber dans les pommes : sans cesse, le mouvement tournoyant où nous entraînent planètes et navettes en nous se noue et s’achève apparemment au sol, mais il rêve réellement d’envols. Quand sa brève flamme délie les cols, l’art devient matière d’âme et de lumière : Perahim le Roumain le savait dans ses mains, ses pinceaux et ses toiles. L’irrationnel dévoile parfois de nouveaux chemins, nous rendant aux rythmes sans fin, même lorsque la foule badaude bâille aux merveilles et baguenaude.

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Perahim au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, cliché Théâme.

L’on peut même bien tomber : regarder se transformer la tyrannique série en mélodie de la vie, les citoyens en liens du bien, les lignes qui vibrent en créations libres.

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“La vie est une légende” : le Kazakhstan au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, cliché Théâme.

Mais, bien au-delà des luttes et chutes des EMBLEMATA, de l’autre côté de la place à nouveau s’effrite la glace : les tailleurs de pierre tout comme les parliers sont revenus œuvrer à l’Œuvre Notre-Dame et relier les piliers.

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Pendant le “Mystère de l’Etoile”, le bas-côté sud de la cathédrale de Strasbourg, cliché Théâme.

Les vides respirent et l’attente prend souffle, “près de la mer, loin de l’hiver”, au milieu des moufles, des bras qui s’emmitouflent. Car “il faut croiser l’art des mots avec celui de la musique” pour que des nuits naisse le beau, pour que sombre l’air maléfique, pour que les diablotins fassent fête au matin et que les gargouilles quasiment gazouillent… Depuis deux mille ans, sur la terre un mystère vient dégager le temps, par la jeunesse de la promesse, de l’âge adolescent vers la bonté du chant.

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“Mystère de l’Etoile” : des pages de l'”Hortus Deliciarum”, cliché Théâme.

Bien au-dessus des tombes de l’oubli, des colombes le savent à travers leurs jeux de salive, de solives, envoyant les présents du feu jusqu’à ce que nos oreilles mutuellement s’ensoleillent : tout à coup moins hésitants, parmi les livres qui nous dégivrent,  vont les applaudissements, puis la grande église accueille la brise.

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“Mystère de l’Etoile”, face au vitrail de l’Europe : une tour se construit dans la nef, cliché Théâme.

Les tombeurs de Notre-Dame, dans les déclivités de la Nativité, sont-ils tombeurs de ces dames ? On peut en tout cas tomber amoureux, devenir léger, soudain moins peureux : “Que cherches-tu, mon âme”, sinon ce que proclame le silencieux appel des cieux ?

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“Mystère de l’Etoile” : les âges se télescopent, cliché Théâme.

Virgile déjà sentait que tressaille, par l’ascension qu’est la scansion, un secret “dans l’antre de nos entrailles” : IPSA TIBI BLANDOS FVNDENT CVNABULA FLORES “Spontanément pour  Toi la douceur giclera de Ton couffin : en fleurs !” (Bucolique ou Eglogue Quatrième, vers 23 : traduction proposée par Théâme.)

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“Mystère de l’Etoile” : sillages de la toile, cliché Théâme.

Alors, comme on tombe d’accord, se relève d’un coup l’essor : OMNIA VINCIT AMOR : ET NOS CEDAMVS AMORI “Puisque tout est vaincu par l’Amour, cédons nous aussi à l’Amour!” (Virgile, Eglogue ou Bucolique Dixième, vers 69 : traduction proposée par Théâme.) Et que l’étoile de l’Avent hisse la voile, droit devant les pierres trop fières : qu’elle mette l’hiver à l’envers, qu’elle laisse la masse à la grâce, à l’avenir qui veut fleurir ! Car le vingtième mystère de Noël ne peut se taire : “Si Dieu le veut, cet Enfant naîtra” pour que son ministère combatte nos misères, pour nous ouvrir chaque jour les bras.

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“Mystère de l’Etoile” : elle a pris chair sur notre terre, cliché Théâme.

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