Ces vieilles paroles n’ont pas perdu leur fraîcheur : elles furent rapportées par l’évangéliste Matthieu (13, 52) parmi d’autres paraboles, qui ne sont pas de symboliques récits soporifiques, mais des envols de paroles pour diffuser la liberté. D’ailleurs, Luc dont la fête marque aujourd’hui le calendrier porte lui aussi la Bonne Nouvelle évangélique en proposant une “nouvelle Alliance” (22, 20).

 

Dans mon quartier, une vieille et belle maison déchue appelée Villa Vénitienne semble ressortir de terre, rose et prête, mettant au jour ses moellons pour élargir l’horizon, ouvrant les aires de son pavillon tout comme des ailes de papillon. Bientôt, l’Enfance Inadaptée se remettra sur les rails là même où s’orientaient sans peur les nuages de vapeur et les premiers aiguillages ferroviaires.

En travaillant au double arbre généalogique de notre famille, je retrouve des réflexes étymologiques : quelle merveille que ces troncs fraternels, noueux et nouveaux, ces branches et ces rameaux presque éternels, ces vrilles qui brillent, à l’infini de la sève linguistique et de la parenté photographique !

Quant à Jules César, quelques décennies avant la naissance du Christ, il campait la servitude républicaine que le créateur survivant d’une équipe de choc mit en échec par la tendresse et le rire toujours vivants, ou plutôt vivifiants, d’Astérix et d’Obélix : les voilà revenus, inséparables autant qu’inaltérables, pulvérisant sur grand écran les frontières à coups de main, de rythmes et de gags, tirant de leur “trésor du neuf avec du vieux”, tous les tyrans dehors pour vivre ensemble et mieux.

C’est donc toujours d’une vive prospective que se nourrit passionnément l’humanité  : celle qui, d’après Carine Dartiguepeyrou développant la pensée de Gaston Berger, se dégage du court terme et voit plus large, mais en creusant plus profond pour se réinventer, pour favoriser la diversité, pour enfin explorer de nouvelles formes du vivre ensemble et des futurs désirables par sources d’inspiration, s’inscrit comme nous le savons dans la trajectoire d’Europe ainsi que de l’Europe.

Du bon Pasteur à Monsieur Berger, de son fils Maurice Béjart au Prix Nobel de la Paix 2012 attribué à l’Union des Européens, la vie danse, pense, avance, trouvant toujours l’essor au fond de son trésor, mettant sans cesse “du vin nouveau dans des outres neuves” (Mt 9, 17 et Mc 2, 22) et de la joie dans les services confiés à la liberté solidaire.

 

 

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