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Terre étoilée” par la cuisson pour d’autres cuissons, telle est la marque locale de rayonnement international qui peut guider nos méditations européennes.

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Terre étoilée à l’avance par Europe il y a trois millénaires et par l’Europe à la fin du deuxième, tel apparaît dans une nouvelle publication de l’ARELAS Strasbourg, sous l’étoile des millénaires.

On connaît le carrefour parisien de l’Etoile et l’habileté requise de tous ceux qui empruntent ce rond-point mythique. A la croisée des routes qu’est Strasbourg, considérons plus modestement la constellation formée par les pistes qu’offrent toujours trois matins de l’histoire en cours.

A l’orée de notre ère, ARGENTORATE : tel est le premier nom connu de l’agglomération strasbourgeoise, dont l’installation remonte largement aux temps préhistoriques. Des rondins (ratis) semblent entrer dans la composition gallo-romaine de son nom comme dans les premières constructions réalisées à cet endroit : non seulement les fortifications du camp romain ou castrum , mais aussi vraisemblablement des radeaux pour traverser les nombreux bras et cours d’eau de cette région marécageuse. L’éclat argenté de leurs flots et du Rhin, des arbres qui les bordent ou d’une mystérieuse divinité locale expliquerait d’ailleurs la première partie de l’antique toponyme.

Le développement d’une cité au profit – et tout autour – du camp romain tracé quelques années avant notre ère fut bel et bien facilité par des cultures prospères, par une population industrieuse et par l’aqueduc enterré, sur une vingtaine de kilomètres en pente douce, entre Kuttolsheim et le castrum. L’urbanisme romain mené sur le traditionnel plan orthonormé a laissé des vestiges dans l’ellipse dite insulaire : Decumanus sous les actuelles rues des Hallebardes-des Juifs, Cardo sous la rue du Dôme, Portes Principales, Décumane et Prétorienne. Le grenier d’abondance du petit Broglie montre encore l’importance des provisions nécessaires à la garnison ; thermes et hôpitaux complètent l’infrastructure centrale, tandis qu’auberges, villas et cimetières s’installent hors des remparts. Cette présentation d’ARGENTORATE nous ferait associer en étoile, au mot-valise pour voyageur de l’espace ou du temps que serait « ARGENTOSTARSBOURG », les vénérables termes latins de RVPTA, STRATA et VIA : le premier rappelle la nécessité d’une entaille dans le terrain pour tracer une ROUTE durable, le second suggère les STRATES de matériaux différents qui la rendent stable comme le confirment en anglais the street, en allemand la Straße, en italien l’autostrada, et le troisième implique la circulation des véhicules que permet à travers les siècles la VOIE… Dès l’origine, par l’indo-européen, l’Europe en germe était donc polyglotte !

[…Le début du deuxième millénaire a rayonné par la construction de Notre-Dame de Strasbourg en son Assomption et par la pensée de Manegold de Lautenbach, qui semble bien avoir, à partir de la Haute Alsace en pleine querelle des Investitures, fondé la liberté des études comme de la femme et du citoyen tout en lançant la première renaissance française.]

L’aurore de ce troisième millénaire voit, malgré les brumes dites matinales, s’ouvrir à Strasbourg une nouvelle étape, car la CAPITALE DE L’EUROPE se développe dans l’harmonie polyglotte suggérée ci-dessus : de par sa situation autant que par son évolution, cette métropole est naturellement et culturellement, de fait et de droit, ville mère de dialogue et de paix, de concertation et de construction, de réflexion comme d’action, donc sans doute une future « eurométropole ». Les trois rayons qui ponctuent son histoire plusieurs fois millénaire ne sont donc pas successifs, mais concomitants, convergents et présents ; ensemble et maintenant, ils tissent Strasbourg comme l’intersection des routes existantes et possibles : les institutions transnationales jalonnant son espace prouvent, autant qu’elles le portent, l’élan de large-vue, lumineuse et dynamique, fédérative et créative, inscrit dans le nom d’origine phénicienne, puis grec d’adoption, d’Eur-Ope.

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Terre étoilée régulièrement de travaux et de concertation, mais surtout de rencontres et d’innovations par l’accueil tant des jeunes que des acteurs démocratiques venus du monde entier, telle demeure la cité nommée Strasbourg qui, dans le sillage d’EurOpe, voudrait pouvoir diffuser une Vue Large et juste sur les questions striant la nuit de l’humanité. A ce titre, le Forum Mondial de la Démocratie donne à reconnaître des constellations éclairantes, voire un point du jour au bout de nos tunnels, comme permet d’en témoigner MEDIAPART.

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FMDS : Faut-il naviguer ou bien dialoguer ?

Le forum est le vénérable nom latin de l’espace public ouvert à la discussion, qu’elle soit politique ou commerciale : de ce neutre dérive le joyeux terme féminin de foire.

Or, pour la seconde fois, le Forum Mondial de la Démocratie transforme Strasbourg, malgré le froid et simultanément, d’une part en une vaste agora d’accès libre, d’autre part en un studieux laboratoire pour ceux qui s’y seront inscrits à partir de tous les continents. D’ailleurs, l’In et l’Off qui se complètent chaque été pour que le festival d’Avignon permette un digne partage du théâtre se reflètent paradoxalement dans l’arrière-saison de la capitale alsacienne, à la lumière du thème qui, choisi pour cette session, consonne également avec l’actuel Forum d’Avignon axé sur l’articulation de la cohésion sociale et du numérique : « Retisser la démocratie : connecter les institutions avec les citoyens à l’ère du numérique ».

De fait, face à l’offre que proposent conjointement la municipalité de Strasbourg et le Conseil de l’Europe, on ne peut que naviguer entre les salles et les places de la ville, entre les diverses langues et les supports variés, comme entre de véritables rencontres et des étals débordants. Sans doute est-ce logique s’il s’agit de réfléchir à l’impact et aux atouts du numérique sur les internautes, en matière notamment politique. Mais les claviers et les écrans ne sont que des “leviers” pour vivre, assumer et promouvoir la citoyenneté, par la concertation.

C’est en réalité, sinon un concert, du moins une harmonie qui relie d’abord les participants dans le temps et dans l’espace. Cette seconde édition consolide les contacts comme les dispositifs établis lors de la première ; l’initiative hospitalière, voire artistique, ajoute son irremplaçable touche d’humanité : mieux qu’un forum et qu’une foire, Strasbourg devient un espace de pensée et d’écoute, d’attention et de création.

C’est ainsi que l’humble phare d’un violon montre dans la nuit le chemin jusqu’à la salle du Bon Pasteur, en bordure d’Orangerie et tout près du Quartier européen. Pour répondre à la question sèche « Davantage de démocratie locale grâce au numérique ? », Jacques Schmitt président d’UNIR L’EUROPE, Aldo Xhani représentant l’ALDA (Association des Agences de la Démocratie Locale qui a son siège à Strasbourg également) et Claude Gassmann président de l’AREs(planade) se sont entretenus avec Olivier Terrien chargé de plusieurs dossiers au Conseil de l’Europe. Les trois intervenants ont souligné l’évolution parallèle des fonctionnements associatifs et des équipements technologiques. Les innovations numériques et les réalisations de l’ALDA pour soutenir la démocratie locale, plus précisément “la pluralité des projets dans les Balkans visant l’insertion des jeunes en zone rurale défavorisée”, ont prouvé la possibilité et l’avantage de l’éducation à la responsabilité, confirmant les intuitions d’UNIR L’EUROPE : si actuellement “les citoyens européens grandissent en citoyenneté”, malheureusement “leur distance se creuse avec l’Europe” ; ils ont d’autant plus besoin d’être connectés, à partir de “Strasbourg qui représente depuis longtemps l’appel à l’expression démocratique européenne” et par-delà le “dialogue à travers l’écran de Scape” : surtout par une démarche concrète, par un approfondissement du “bien commun”, enfin par la tension vers “une vision commune”.

Arrêtons-nous un instant sur le kaléidoscope des âges, des origines et des langues, sur le jeu des techniques de communication les plus perfectionnées, qui ces jours-ci transforment en ruche le Conseil de l’Europe. Il s’agit bien de naviguer sans oublier de dialoguer et de dialoguer sans oublier de naviguer, entre les institutions et le tissu local, entre les capitales comme sur la Toile que tendent les continents, en vue d’une citoyenneté dynamique…

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Certes sans trop nous exalter, mais poussés par la vérité

quand tant de frères doivent se taire entre les mers et les terres,

c’est à  nous tous d’alimenter,

à pleines voiles sous les étoiles,

les foyers de la liberté.

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