Lenz enfin joué par Simon Delétang dans l’auditorium
de la Neuenbourg à Guebwiller le 29 novembre 2021.

Est-ce que l’AVENt se montre AVENant quand les tempêtes tournent nos têtes, quand les mots fuient les maux, lorsque les famines hurlent et laminent, que des yeux haineux tailladent les nœuds, sur la terre pourtant mère ? Lenz fait entendre une voix plus forte que le vent froid, par-dessus les grondements du mystère et tant de coups sourds qui vocifèrent : « Il continuait à marcher, insensible, et le chemin lui était indifférent, tantôt ça montait, tantôt ça descendait, il ne sentait pas de fatigue, seulement parfois ça lui était désagréable qu’il ne puisse pas marcher sur la tête » (Lenz par Georg Büchner, traduit par Lionel Richard)… 

Quant à la terre mère de nos élans, que dire en voyant le chaos du Liban, sinon que le Phénix de l’espérance qui brûle en secret s’échappe et s’avance ?

Capture d’écran de l’émission de France 5
Le monde en face : Liban, au coeur du chaos
– mais à l’origine d’EUR-OPE aux LARGES-VUES…

Eric-Emmanuel Schmitt fait repartir son épopée de ce pays martyr : « Il y a deux sortes d’humains : les arbres et les cailloux… Les hommes écrivent sur la terre ». Or, continue de dire Abram même devenu Abraham, « Mon Dieu se niche dans le désert » (Eric-Emmanuel Schmitt, La Porte du ciel, Albin Michel, novembre 2021). Ainsi, « par la grâce du récit, le passé a coloré le présent » : si « l’homme est fait, l’humain reste à faire ». Par des formules aussi frappantes que d’ardentes gemmes transparentes, ce créateur si bon marcheur fait que la fresque plusieurs fois millénaire, à peine entamé son vol visionnaire, gagne en légèreté comme en actualité.

De même qu’Europe, fille de Phénicie, en se jetant à l’eau nous a fait le cadeau d’un clair – ravissant – signe à la traîne infinie, de même un rivage mérite nos mercis, mais surtout nos secours inventifs et hardis !

Autre capture d’écran de la même émission : au pied des gratte-ciel de Beyrouth,
plongeon qui succède à celui d’Europe, appelée sur cette terre antique
« Crépuscule » avant d’apporter en Grèce l’ALPHabet sur sa monture ALEPH.

Parfois le salut se niche, sans ostentation, sans triche, sur des pavés déshérités.

Au pied d’une colonne Morris, face à l’église Sainte-Marie de Mulhouse.

Splendeurs et misère de la terre amère… Que les brins d’un couffin musical accueillent une Harmonie qui veut à nouveau prendre et donner vie !

Marché de Noël 2021 devant l’Hôtel de ville de Mulhouse.

One Reply to “Terre amère.”

  1. Sur les marches du monde concret entre l’Alsace et le Liban, Théâme trace une route. La pays des Malgré-nous ne saurait oublier l’origine d’Europe au pays des malgré-tout. Malgré les guerres, le monde en face de nous est un monde lié à nous. Que des livres ouvrent avec Eric-Emmanuel Schmitt des « portes dans le ciel » ! Que, nés des « hommes », nous devenions des « humains » ! Que l’art de marcher en nous ne chancelle pas sur les routes qui ne promettent pas encore le pays de leur destination, des routes où nous sommes tantôt « arbres » tantôt « cailloux »… Puisque c’est l’Avent, devenons des étoiles, revivons l’aventure du phénix. Que nos marchés de Noël les ouvrent une à une, ces petites portes d’Avent. Que sur la colombe ou la colonne soient déposées des lumières. Alors on pourra plonger dans la mer et « en rejaillir », avec Paul Valéry, plus « vivant » que jamais.

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