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« Ainsi, tous les raisonnements amènent à cette conclusion que tout dans ce monde est admirablement gouverné par l’intelligence et la sagesse divines, pour le salut et la conservation de tous les êtres. » Cicéron, La Nature des dieux, II, 53. Dans un ouvrage paru voilà quelques semaines, le professeur Patrick Voisin cite aux pages 169-170 la traduction de C. Auvray-Assayas pour cet ouvrage composé juste avant notre ère par celui que V. Duruy appelait « l’éducateur du genre humain ». Or, aux éditions des Belles Lettres, ce volume de la collection Signets présentant d’abord un entretien avec Brice Lalonde aurait pu, d’après l’auteur (page 3), « s’intituler ÉCOL-O2 ! Le dioxygène n’est-il pas indispensable à la vie ? Mais le combat écologique dont les Anciens ont posé les bases – en quelque sorte l’Alpha – , appelle un Ω rimbaldien, prométhéen et démiurgique, celui de « Voyelles »…  « Ô l’Oméga » ! Ce sera donc l’ÉcolΩ ! »

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Nous voilà par l’Antiquité rendus aux libres murs clairs d’une… école ô… combien formatrice, animée par les pédagogues les plus admirables, d’ARISTOTE à Xénophon et de l’Iliade à l’Histoire Auguste : ainsi s’ouvre une écocritique salutaire. Nous en arrivons au seuil d’ÉCO déjà salué par Théâme, donc de notre maison commune, voire « au seuil du sens » que nous sommes priés de franchir par et à l’église des Dominicains, à Strasbourg en ce flamboyant début de printemps. Regardons les verrières dilater la lumière et voyons renaître les vieilles fenêtres en autant de vitraux courant au petit trot : laissons-nous guider l’âme par la plasticienne Véronique Thiéry-Grenier, et déjà toucher l’oreille du cœur par quelques grandes plumes convoquées pour la performance du 5 avril 2014.

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Vous y retrouverez la voix de Georges Bernanos : « Est-ce que je vous empêche, moi, de calculer la précession des équinoxes ou de désintégrer les atomes ? Mais que vous servirait de fabriquer la vie même, si vous avez perdu le sens de la vie ? » (Journal d’un curé de campagne).

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De fait, retenons l’avertissement de René Char : « La parole dépourvue de sens annonce toujours un bouleversement prochain. »

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Ecoutons alors jaillir avec Philippe Jaccottet « cette sorte de sourire que sont aussi parfois les fleurs, au milieu des herbes graves. »

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Dès maintenant, Patrick Voisin nous convie donc à la vivante visite de ce passé vibrant comme à traverser le précieux présent qui sans cesse invite la vie conviviale et solidaire : « De portique en portique – Portique de Phébus ou Portique d’Europe -, les Romains de l’époque impériale essaient d’échapper à la ville étouffante pour se retrouver dans la nature. » (Page 243.)

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C’est aussi l’instant de l’histoire qu’a choisi la Bonne Nouvelle chrétienne pour qu’ici-bas le surnaturel fonde et vienne, que nos naturels soient pétris. Car il faut à toutes les natures la convergence des cultures : par le « portique d’Europe » surgie de loin passe le regard qui nous change en témoins. Toute lecture est aventure : comme le suggérait l’intuition cicéronienne d’une mystérieuse providence, les yeux surnaturels nous rendent naturels.

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