SAMSUNG CAMERA PICTURES
Tableau de Valéri Tsenov reproduit sur carte postale, cliché Théâme.

En cette année où sa Bulgarie préside le Conseil de l’EurOpeValer sait croiser non seulement nos chemins, mais aussi les routes humaines entre elles, par son œuvre picturale où le rêve est la sève de l’avenir, certes gorgée de passé, mais pour nous faire mieux passer sur la rive de la bonté, pour nous faire plus grand ouvrir les yeux du cœur à nos sources enfouies, nos harmonies inouïes, pour nous rendre ensemble vigilants, créateurs : l’aventure est nervures circulant dans le vent qui nous accueille et dans les feuilles qui font grandir, lire et mûrir. A l’Aubette donc, place Kléber, suivez ses traces : allez visiter sans plus hésiter les merveilles thraces comme des voiles de hauts navires crétois, comme la première lyre escortant la voix ! Car voici qu’à l’orée de la civilisation, pour l’aube des éclosions, monte le chant d’Orphée.

Jacqueline de Romilly nous quitta voilà plus d’un lustre, comme disent les Romains de l’antiquité ; mais quels lustres antiques elle vient rallumer l’un après l’autre pour éclairer le présent, pour nous rendre plus responsables des voies ouvertes par la démocratie grecque, pour qu’au lieu de nous effrayer nous puissions aider à frayer, même dans la solitude ou dans de rudes études, de bonnes solutions nouvelles et des options plus fraternelles.

8692711540
http://pictures.abebooks.com/DOMIFASOL/8692711540.jpg

Se lever très tôt à l’aurore et s’en aller, à son gré, à son heure, c’est déjà une joie. Sentir avec intensité tout ce que l’on ressent, parce que l’on s’y donne en entier, c’est une richesse de plus. Poursuivre un même problème, âprement, de toute son attention, et déjeuner à trois heures s’il le faut, c’est une force. […] Celui qui n’a pas les joies [des attachements charnels] n’a pas non plus les soucis et, libres d’eux, il peut découvrir, s’il sait y parvenir, d’autres plaisirs sans prix, qui n’appartiennent qu’à lui. La solitude, on peut aussi l’appeler liberté : il faut seulement, comme pour la liberté en général, savoir la vivre et en vivre. (J. de R. Sur les chemins de Sainte-Victoire.) Cette dure école de la liberté, l’exigeant chemin de la victoire sur soi, les personnages claudéliens du Soulier de satin les ont éprouvés jusque dans la réalisation cinématographique de Manoel de Oliveira récemment évoqué par Théâme, et se sont laissé par eux mettre à l’épreuve devant nous, face à nous, pour nous y guider à leur tour.

Le-soulier-de-satin-1985-film-de-Manoel-de-Oliveira
http://resize-parismatch.ladmedia.fr/r/901,,forcex/img/var/news/storage/images/paris-match/culture/cinema/en-images/manoel-de-oliveira-un-grand-cineaste-s-est-eteint-737776/le-soulier-de-satin-1985-film-de-manoel-de-oliveira/7671012-1-fre-FR/Le-soulier-de-satin-1985-film-de-Manoel-de-Oliveira.jpg

Ce Soulier de Satin arpente ainsi pour nous les sentiers de la grâce divine et de la terreuse adversité.

181482-jeanne-balibar-et-christophe-maltot-950x0-3
“Le Soulier de satin”: http://static1.purepeople.com/articles/2/26/49/2/@/181482-jeanne-balibar-et-christophe-maltot-950×0-3.jpg

Il les relie comme le peintre Valer vers lequel nous reviendrons, ou comme certains lieux parcourus par le souffle de la relation et de la révélation : La Vang est de ceux-là, pèlerinage marial au centre du Vietnam, né d’une apparition miraculeuse de la Vierge Marie dans la forêt de la Pluie lors de persécutions à la fin du XVIIIe siècle, ayant pour emblème et centre originel un triple arbre de la jungle.

SAMSUNG CAMERA PICTURES
“Poster” en 3 D représentant la Vierge de La Vang, cliché Théâme.

Le toponyme La Vang associe d’ailleurs la feuille et l’herbe : nous retrouvons le second terme dans un titre de film.

34d755f2cac635b636c0317fa255e2da
Film vietnamien “Je vois les fleurs jaunes sur les herbes vertes”, http://fr.nhandan.com.vn/cdn/fr/media/k2/items/src/224/34d755f2cac635b636c0317fa255e2da.jpg

Sur nos imprévisibles itinéraires tissés par les arborescences et les constellations de nos vies, les cités antiques, oniriques, visitent encore pour ainsi dire nos sites même modernes et techniques : la Cité minoenne de Valer nous rappelle que des sources intemporelles continuent d’irriguer, de faire en profondeur communiquer ensemble nos âmes, nos esprits, et que les victoires attendent humblement chacun en cours de route comme le décrit et le réalise le psaume 110 (109) :  Au torrent il s’abreuve en chemin, c’est pourquoi il redresse la tête.

P1030012
A Strasbourg, exposition de Valer “Mondes Retrouvés” : tableau de technique mixte et pigments sur toile intitulé “Cité minoenne”, cliché Théâme.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *