En ces temps de rentrée balayés par les orages, en cette saint Fiacre qui nous fait davantage ce matin circuler entre les jardins, les mots se répondent sous le signe d’alliance que nous envoie parfois l’arc-en-ciel, de leur source linguistique à leur infinie destination.

Ainsi, le “succès” n’est que la situation qui “suit”, sur un mode plutôt mécanique, l’effort et la volonté. Mais la “réussite” donne à l’aboutissement d’un projet la couleur de la libération, la clarté de l”‘issue” et comme les fraîches braises d’une embrasure : “réussir”, c’est juste “s’en sortir”, retrouver “l’issue” toute crue, ou plutôt “ressortir” avec soulagement d’une entreprise vers la brise d’une autre, respirer l’air de la nouveauté, rebondir ensemble enfin sur les brisées des surprises, aux portes d’un autre jardin.

Saint Fiacre le savait obscurément, avant de nous emmener au trot des techniques à venir, tel un futur “sponsor”, un parrain d’aurore dont la “réponse” est, d’après l’étymologie latine, “fiable” et fondatrice de solides relations. Par-delà les contes de Voltaire, cultivons notre jardin… venu de Dieu, tenu tant bien que mal entre gloriole et gloriettes, où pourtant, comme dans le Paradis de Dante, à travers ses immenses espaces impliqués par le terme grec et plantés de grâces, Dieu rit  parmi les présences, plus fort que l’absence et que la mort : “La contingence […] est tout entière peinte dans le regard éternel” qui “semble jouir dans [le] visage” des créatures aimées, chante Fabrice Hadjadj après Dante (La Divine Comédie, III Paradis, XVII, XXI et XXVII). Oui, merci à l’amie écrivain et mathématicienne Anne Miguet qui relaie livres et souffles : Le Paradis à la porte murmure, d’une joie qui dérange, et nous porte à changer les murs en musique.

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