Depuis deux mille ans, cette cité du fleuve, de la frontière et des ponts réinvente la paix.

Perpétuellement en chantier, elle métamorphose les fortifications en horizons, les ruines en art, le harassement en haras d’élans et les guerres en réconciliation.

Dès lors, l’exil des Européens s’estompe dans cette ville où, dans une tranquille énergie, se cherche et se trouve l’harmonisation, à travers des lieux ouverts à l’accueil, à la formation comme à la concertation politique.

L’heure du soir est toujours “l’instant d’Europe”, où le “Crépuscule” de ses racines orientales débouche sur la “Vaste-Vue” hellénique, où le matin s’espère et se prépare, où les strates de guerre cèdent la place, comme Martinalatina, puis Théâme, ont eu l’occasion de le dire sur cette toile, à celles de la route, ou plutôt à la stratégie de la paix : dans cette cité, l’histoire tourne au souffle du présent la page du passé et le Rhin bourgeonne de passerelles comme d’amitié.

Encore faut-il  laisser aux citoyens européens la bride de la liberté solidaire, c’est-à-dire créatrice et fraternelle, sur le cou non pour qu’ils se gargarisent de suffisance, mais pour qu’ils caracolent ensemble, voire pour qu’ils décollent par-dessus les crises si grises.

Or à Strasbourg bat le cœur, moins bourgeois que stratégique, de la réconciliation toujours à venir, de l’Europe encore à bâtir : à la paix, cette capitale sert donc non seulement de symbole, mais surtout d’instrument, et d’abord d’inépuisable artisan.

De par les nombreuses assemblées transnationales amarrées à Strasbourg d’un commun accord, notamment le Conseil de l’Europe et le Parlement européen, peut – donc doit – se construire en ce lieu concrètement, mais surtout durablement, l’avenir démocratique autant que dynamique obscurément réclamé par tant d’autres contrées en quête d’équilibre et de reconnaissance.

 

 

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