Depuis les temps gallo-romains où surgit près du Rhin le camp militaire d’ARGENTORATVM, cette ville a cueilli la liberté, fait converger les routes en devenant STRASBOURG, connu la querelle des Investitures dans la région où pria, mais aussi brilla, le grand Manegold méconnu tandis que s’édifiait la cathédrale ottonienne à partir de 1015, vu fleurir la mystique rhénane, accueilli le futur imprimeur Gutenberg et la seconde Réforme, puis la note française ravie de s’épanouir dans la tendre pierre aux nuances d’aurore, pour tant de visiteurs de marque et pour la construction de l’Europe: joie des styles qui depuis des siècles se marient et s’enrichissent, qui se tissent encore et s’accordent !

Dépassons la façade et l’apparence par notre large appartenance, par la transparence d’une parenté vive. Au présent, telles des fractales, les projets de fédération tour à tour se compliquent et se modulent, se creusent et se développent, à tous les niveaux de l’organisation urbaine, humaine, en vue de se coordonner en profondeur et de nous enraciner dans notre but, de nous harmoniser vers le bien commun : saurons-nous, au coeur de l’Europe et jusque sur ses bords, faire chatoyer notre mosaïque de visages par-delà les rides et les risques, pour qu’elle soit digne d’Eur-Ope, c’est-à-dire de la figure qui nous baptisa voilà trois mille ans – certes au tout petit matin de la civilisation, mais avec détermination – du nom et de la vocation de Vaste-Vue ?

 

Vous, Strasbourgeoises, STRASBOURGEOIS,

vous semblez ployer sous un poids…

Strasbourg moins rose

que gris morose,

STRASBOURG, VOIS

sur tes toits

la calèche

d’une flèche !

Garde tes yeux

brillants de cieux,

deux fois millénaire

sous ton luminaire

de progrès

et de grès,

entre tes passerelles,

tes tours et tourterelles…

STRASBOURG, SOIS

au fil des mois

et des années

moins âgée !

Regarde aux frontons,

aux clefs de fenêtre,

les fronts et les mentons

frémir, comme renaître,

aux venues, aux passants,

à la paix dont le vent

fraie la voie :

STRASBOURG, JOIE !

 

Même les fissures ne peuvent ébranler

le sourire éternel de la sérénité,

puisqu’un froid mascaron sait percer les murailles

afin qu’à l’harmonie les relations travaillent…

 

 

 

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