Une porte nous transporte comme un pont sur ses gonds : la Passerelle des Deux Rives, l’Allemande et la Française, enjambe ainsi le Rhin tout en reliant Strasbourg et Kehl. La frontière s’efface donc, devenant un front uni par l’intelligence ainsi qu’une route d’écoute.

Venue de l’antique Athènes et de sa place bouillonnante de rassemblements et d’échanges nommée agora, une stèle étincelle toujours, depuis le IVe siècle avant notre ère, comme une porte fermement dressée et portant (sur) les droits à partager, à diffuser, à pleinement exercer ensemble, comme une main ouverte à la concertation la plus féconde, donc à la rénovation la plus profonde, pour instaurer solidement, pour restaurer sans fin, la liberté solidaire : la Démocratie couronne le peuple indéfectiblement après 2 400 ans, et nous sommes le peuple actuellement.

Mais le peuple ne peut être couronné que s’il reconnaît, respecte, honore, la valeur supérieure qui le lie et le guide, qui respire en lui telles les “Perspectives bleues” rayonnant dans l’œuvre de Freddy Ruhlmann.

Alors peut se fêter sans trêve ni rêve la naissance du salut, qui rebondit d’un visage à l’autre, d’un âge vers tant d’autres.

Fidèle, Noël vient pratiquer sa “porte des lumières” dans la nuit de l’injustice et de la misère, de la solitude et du désespoir.

Même à Strasbourg qui en est le père, le strass est secondaire à côté d’un joyau capital : l’embrasure dans les pierres qui murent depuis des siècles l’église Saint Pierre le Vieux, coupant ce lieu de culte millénaire entre protestants et catholiques. Par de telles ouvertures, dans les cœurs frémissent des battants de symphonie, de jeunesse et de promesse.

Toute porte nous escorte vers le port de l’accord. En passant par la “Strasporte” avec Europe, notre princesse fondatrice, laissons-nous transporter au bord de l’essentiel : selon Antoine de Saint-Exupéry, il est certes “invisible pour les yeux”, mais il nous appelle déjà plus loin, comme autant de petits princes à couronner de démocratie. Voici d’ailleurs le prélude que Franz Liszt composa pour les Cloches de la cathédrale de Strasbourg et qu’il intitula EXCELSIOR !, c’est-à-dire TOI QUI T’ELEVES DAVANTAGE DANS LES CIEUX !

 

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