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L’Europe est-elle en danger mortel au point d’avoir suscité voilà quelques années ce titre de site et de mouvance, Sauvons l’Europe ?

De même que nous l’avons déjà rappelé sur ce blog et que son héroïne éponyme le suggère depuis trois millénaires, l’Europe est tour à tour peur et courage, péril et soulagement, demeure et mouvement, conception et transmission, démarrage et continent, luttes et paix, inégalités et justice. Car le mystérieux enlèvement de la jeune fille antique appelée Crépuscule en phénicien, sur son rivage natal qui laissa la place au Liban, fait d’elle un solide trait d’union avec l’occident comme avec l’avenir : saisissant à bras-le-corps la chance inouïe que présentaient les moyens de contact jaillis sur le même sol, l’alphabet et la navigation hauturière impliqués ou plutôt incarnés par Europe, les Grecs n’eurent sans doute aucune difficulté à l’adopter comme proposant et promettant une plus Vaste Vue.

Ainsi purent apparaître effectivement la dynamique, le dialogue, en un mot la dialectique démocratique : soyons conscients de ce bien commun qui se module et se modèle, qui se propage et se partage, qui rayonne et se perfectionne, certes à l’infini, mais d’abord modestement et concrètement. Répondons à notre nom de Vaste Vue par la responsabilité lucide : assumons ensemble cette humble mission quotidienne, non pas à l’échelle étriquée de nos intérêts, mais à la dimension créatrice des plus vives perspectives, fraternelles et nouvelles.

Nous le savons, Europe est une jeune aventure qui se développe et qui dure, surtout depuis deux mille ans ; ses harmonisations nécessaires sont un passionnant travail de longue haleine dont Robert Schuman, au pivot du XXe siècle, dessinait ainsi les contours avec son sourire tout d’espérance et de bienveillance, d’humour et presque d’amour : L’Europe contemporaine devra être faite d’une coexistence qui ne soit pas un simple agglomérat de nations rivales, périodiquement hostiles, mais une communauté d’action librement concertée et organisée.

Qu’il soit donc permis de reproduire presque telle quelle une des réactions à l’analyse de Kostas Vergopoulos, diffusée ce 14 mars par Sauvons l’Europe sur www.sauvonsleurope.eu :

Merci pour cette analyse, qui concerne tous les Européens.

S’il est question de leur identité culturelle et politique, sans doute n’est-il pas inutile de rappeler que leur avenir se lit et se prépare à travers leur passé, ou plutôt à travers le nom même qu’ils portent ensemble, puisque les Grecs ont saisi dans la figure appelée EurOpe, dès son adoption voilà près de trois millénaires par leur langue et par leur mentalité, la notion de VasteVue.

Or il ne s’agit là ni d’un rêve ni d’un idéal inaccessibles, mais bien du processus de transformation, tant lexical que sociétal, grâce auquel une princesse proche-orientale nommée Crépuscule par son peuple phénicien devint le symbole et l’envol d’une lumière nouvelle, celle du vivre ensemble. Car ce personnage d’Europe incarne les échanges méditerranéens qui associèrent les techniques nautiques et l’art alphabétique, nés en même temps qu’Europe sur le même rivage syro-libanais, au point de diffuser les lueurs d’un progrès commun et les germes de la démocratie jusqu’en Crète minoenne, donc jusqu’aux fondements de la Grèce classique – et toujours créatrice. Puisqu’il nous faut ensemble donner corps à l’Europe, aimons-la pour son passé, mais surtout pour ses atouts souverains, aussi fragiles que prometteurs, et pour ses peuples enlevés, ou plutôt portés, par la même aventure, à la fois humble et novatrice.

 

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