Notre-Dame de Reims le soir.

Deux tours au jour se tendent, se rendent, se souvenant des eaux qui pétillent, communiquant le sursaut qui scintille et tue la mort, montrant le nord.

Notre-Dame de Reims le matin.

L’Ange au sourire tout près soupire.

Reims : musée du Tau.

Le palais du Tau desserre l’étau de la guerre.

Basilique Saint-Remi.

Sous la terre courent du baptême les flots, sur le sol se partage un lot gratuit de baumes. Est-ce un royaume ? Est-ce un bateau, que Rémi tel un rameur aide à naviguer vers les remèdes ? Le T d’une croix fend cette paroi comme un tronc soulève la roche sous l’éclat des lilas ou comme un visage s’approche pour écouter, pour conforter.

Est-ce une fenêtre murée ? Une erreur technique masquée ? La lévitation d’un pilier empêchant la pierre de plier ?

Les moellons tirés des crayères diffusent une âpre lumière, petite sœur des nuances qui se tissent dans le cœur des coquillages lisses. Voici les ricochets de la nacre lavant les quolibets sur le sacre.

Galerie de cave dans le domaine Pommery : comme un baptême de champagne.

C’est ainsi que le “Flamand” Vincent, dans la transparence rencontrée en France, devient enfin ce qu’il est : enfant, pour oser pleinement et librement peindre les diaprures de la joie qu’il fait étreindre. Jusqu’en Provence alors Rémy semble venir quand il gémit.

L’Atelier des Lumières 2019  : Vincent à l’asile de saint-Rémy de Provence.

Pour nous, l’ancien atelier de fonderie fait fondre en silence, en danses, la folie. Voilà Vincent roi par la seule loi limpide de la forte foi qui guide au bout du tunnel l’être fraternel :

“J’ai eu l’impression de remonter de dessous une voûte située sous terre
vers la lumière du jour, et je me suis réjoui à l’idée de prêcher dorénavant l’Évangile.”

(Lettre 79 à son frère Théo, novembre 1876.)

L’Atelier des Lumières : Van Gogh, “La Nuit étoilée”.

Dans sa modestie, ne rejoint-il pas la claire compagnie des génies pas à pas, pris dans la nacre vive du sacre jusqu’en la belle eau de Fontainebleau ?

Une Muse sous l’escalier en fer-à-cheval au château royal de Fontainebleau reconnaît notre dette envers les créateurs grecs, de Périclès à Platon en passant par Homère et Phidias.

2 Replies to “De Remi à Vincent, la nacre des sacres brille comme un aimant.

  1. Merci à ces ricochets de lumière et de nacre, un mot dont les lettres renversent la carne et le crâne, la viande et la mort…On songe à Monet et son autre cathédrale bien-aimée, celle de Rouen face à celle de Reims : vue au soir, augmentée d’une vue de la même au matin. Infinis reflets de la lumière qui hante les peintres et permet à la beauté toujours menacée un retour d’exil. Au soir viennent les larmes, dit le psaume de ce dimanche, mais au matin les cris de joie. “Sunt lacrimae rerum”, dit Virgile : oui, bien de choses ont des larmes et celles de Vincent se sont transformées en nacre d’étoiles dans la nuit de Saint-Rémy alors que l’évêque Rémi un soir de Noël à Reims baptisa Clovis… et qu’ainsi Douce France devenait chrétienne. “Nul n’empêche jamais la lumière exilée de trouver son élu dans l’inconnu surpris”, murmure encore Char à mes côtés lui dont le pays fut aussi dans les voisinages de Van Gogh (titre d’un de ses derniers recueils). Merci, Théâme, pour tous ces voisinages heureux : nos muses avec l’ange sourient.

    1. Merci à toi, notre amie habitée par la parole poétique et christique, pour tes riches éclairages complémentaires, et aussi pour le rappel que m’offre un autre mot de toi : la citation de Simone Weil sur la beauté. Cette affirmation sert de pivot spirituel au billet suivant de Théâme.

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