Une fois n’est pas coutume : après une parenthèse de quelques jours, puissent Théâme et ses visiteurs bien accueillir quelques lignes, tour à tour graphiques et versifiées, telles que les a nourries le haut plateau de Cappadoce.

Du 16 au 23 juin 2012

Depuis l’Euroairport Bâle-Mulhouse,

Par la grâce de l’amitié

Qui sait ne rien faire à moitié,

 

Journal de voyage

Tracé dans un car :

Visitant les âges,

Les terrains, les arts,

Il lui semblait descendre à l’intérieur de conques

Tapissées de couleur, de musique. Et les jonques

Se laissaient porter par les flots

De LATURQUIELAPLUSBELLE,

De ses fraîches étincelles,

Parmi soieries, bagues et mots…

AIR & TERRE.

Chaque fois que le moteur respire,

Soulevant les souffles de l’esprit,

La fleur sourit, le sourire fleurit

Et tout l’Orient frémit comme une lyre :

Le moindre caillou

Paraît un bijou.

Les toits de chaume

Saluent le dôme

Et les pans

D’un volcan :

Terrasses en culture

Et théâtre en sculpture.

Tissons le temps,

Passons le vent,

Tandis que s’arrosent

Sans effort les roses.

Les troupeaux de ballons

Survolent des vallons :

Quand s’avance leur danse

Entre flamme et silence,

Des montgolfières le ballet,

Par des nacelles

En balancelle,

Nous bâtit un vaste palais.

 

CHEMINEES & CHEMINEMENTS.

De quelles fées

Les cheminées

Accueillent-elles colombes et pigeons ?

Même des yeux protecteurs accourt un son

Juste, parmi les parfums de la brise

Et parmi les feuillages de cerises :

Le rossignol dans le tuffeau

Cadence en douce les travaux.

Amenez, Beaux Chevaux de Cappadoce,

La pierre et le ciel pour fêter leur noce.

Du Guide « les enfants »,

S’élançant droit devant,

Débouchent sous les voûtes

Aux sources de l’écoute,

Dans la fraîcheur

Où boit le cœur…

PONTS & RONDES.

D’une autre naissance

Voici la présence :

Profond buisson

De l’unisson

Qui nous désencombre

De toutes les ombres.

Le noir

Fait voir :

Dans la grotte où nul ne grelotte,

Se lient les membres et les glottes.

Par la valse des ballons,

Par la ronde des derviches,

Le jour n’est pas trop long

Pour que l’on se croie riche.

Les célébrants tourneurs semblent s’être figés,

Mais leurs pas demeurent vers le ciel dirigés.

De même, les roches s’élèvent plus légères,

Survolant ensemble les rivières des ères.

Et rien ne rompt

Ce champ tout rond ;

Tuiles et cruches

Portent des ruches :

Dans chaque oriel

Coule du miel.

ISSUES & TISSUS.

La harpiste

Pince le fil presque sans bruit

Et la piste,

Soudain moins triste, se construit.

Les derviches noir et blanc se colorent,

Heureux comme des papillons d’aurore.

Le coton

Pivote,

Le cocon

Pilote…

Alors l’explosion des tapis

Se déroule : un paradis vit,

Sans feu d’artifices,

De soyeux services.

D’Europe l’espoir

S’allume le soir :

Les jours bâtissent,

Les nuits ratissent.

 

ONDES & MONDE.

Chaque matin

Naît le chemin.

En Cappadoce,

Suivez les noces

De la mer

Et de l’air,

Des claires auréoles

Avec les alvéoles,

Des obscurités

Avec les cités.

 

RESPECT & PAIX.

Les premières villes du monde

Sont des réseaux de veines fécondes ;

De la nuit

Sort le puits.

Lumière sourde

Et portes lourdes :

Depuis plus de mille ans

Restent des combattants

Les pierres

Meulières.

Le long des boyaux

Brillent des joyaux,

Sous la souffrance

La résistance…

 

 

 

 

 

 

 

La paix doit advenir

Et la haine partir.

Les branches déjà sèches

Ouvrent leurs yeux de pêche :

Regardez la moisson fumer

Et le mur du son s’allumer.

Chaque serre,

En équerre

Avec les sommets,

Conclut notre paix.

Un chantier peut bien se suspendre,

Mais l’âme ne cesse d’entendre.

Un voile mystérieux

Relie la vague aux cieux,

Tandis qu’une corde souple

Solidarise les couples.

Même s’il pleut,

Le berger meut

Toutes ses bêtes

Tête par tête.

LES AMIS & LA VIE.

Sur le sol

Bat l’envol :

Chaque fenêtre

Au ciel pénètre.

Libre, la nuit

Tout à coup luit.

Tandis qu’on croirait les visages troglodytes,

Les nuages nagent, méditent et lévitent.

Comme dans les rues d’Antalya

L’imagination se délia,

Des sculptures vont et durent,

Parmi les passants

Humbles ou puissants :

Que les cœurs de pierre crient

Et qu’ils reçoivent la vie !

En tenant fermement leur fil fluide et fort

D’histoire

A croire,

Les pédagogues nous amènent à bon port…

 

LE CREATEUR & LA SPLENDEUR.

Eglises rupestres,

Ancestral orchestre

Dont la profondeur

Déborde

Et dont la hauteur

Accorde,

De la noirceur

A la blancheur

Vous offrez un refuge

Contre tous les déluges :

Dans votre épaisseur trouée d’oraisons

 Vibre le grand Cœur creusant l’horizon.

Plutôt pariétaires

Que propriétaires,

Aménageons la tour de Babel

Pour les alliances

De la confiance

En un hôtel calme et fraternel

Dans le sillage de Çatal Höyük, première

Ville construite par l’homme dans la lumière

Des tuyaux et toits communicants,

Voilà  déjà neuf ou dix mille ans !

One Reply to “Quelles discrètes noces durent en Cappadoce ?”

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