3 mai 2019 au pied du Conseil de l’Europe, départ du 8e Itinéraire européen.

Tandis qu’Eurojournalist(e) ramène chaque matin de la semaine, avec autant de brio que de substance, les “internautes” à la réflexion qui préparera le mieux le vote européen de dimanche “en notre âme et conscience”, EUROLATIO a relaté selon sa vocation les premières étapes du 8e Itinéraire européen de l’association UNIR L’EUROPE : on comprend sans peine pourquoi cette fois Jacques Schmitt a pris la route dès le printemps.

Dans la dernière ligne droite avant des élections européennes cruciales, voici d’abord quelques étapes suivantes sur cette ligne rhénane, géographique, historique et politique, sociale et morale.

Bonn : anniversaire de l’autodafé nazi, 10 mai 2019, cliché d’UNIR L’EUROPE.

Nous nous demandons quels signes peuvent couver sous ces lignes. À Bonn, Jacques Schmitt assiste le 10 mai à l’anniversaire de l’autodafé nazi : comme une célébration grave, mais juvénile, de la renaissance de/par les livres. Après la visite du musée Gutenberg pourtant décevante à Mayence, Luxembourg ouvre heureusement une fenêtre digne de l’Europe et d’Europe aux Larges Vues :

J’arrive dans le Duché par le fossé médiéval : c’est la première fois. Remontée à pied chargé de carnets, de bulletins et d’une urne toute neuve… comme un émissaire qui veut entrer en avant-garde au château grand-ducal. En haut, après le Palais, tout est en travaux : devant le secrétariat à l’Information de la Commission européenne, un chantier presque infranchissable comme si le projet européen était arrêté ou en pleine reconstruction. Frappant !

Ici, tout est organisé, je montre “patte blanche” et dépose l’urne au centre du hall d’accueil, aidé pour la mise en place par Tobias qui me dit : “C’est rare d’avoir une autorisation de ce genre dans nos bureaux, vous devez être bien reconnu par nos responsables” et la lettre du Président Tajani, c’est vrai, fait tout son effet. Les membres de l’équipe me demandent s’ils peuvent participer. “N’êtes-vous pas Citoyens-nes d’Europe ?” est ma réponse.

Entre-deux, je décide de me rendre au marché, cette année aura été celle des marchés. Partout, c’était jour de marché ou de manifestation, Europa fait en sorte que les oracles soient favorables à ma venue. Là, sur un stand, il me semble reconnaître Jacques SANTER, président de la Commission européenne de 1995 à 1999. Je m’approche et le salue : “Bonjour, ne seriez-vous pas Jacques Santer ?” “OUI, bien sûr, peu me reconnaissent encore.” Nous commençons un petit échange comme de vieux copains sur le marché et je lui rappelle son invitation à venir assister en 2013 à la retransmission télévisée de la remise du Prix Nobel de la Paix à l’Union européenne. Il se souvient que nous étions les deux premiers arrivés à cette manifestation. Son analyse actuelle est malheureusement dure, pour moi qui réagis : “On s’éloigne de l’idée de fond, donc tout devient plus technique, et prendre une direction claire est très difficile”. Il sourit, car il reconnaît mes positions anti-eurocrates, et ajoute : “C’est sympathique comme vous croyez que les choses peuvent changer si vite dans le bon sens !” Les deux “Jacques” font un bout de chemin ensemble comme deux anciens compagnons de lutte.

L’Itinérant européen

Luxembourg, mai 2019, cliché d’UNIR L’EUROPE.

Ensuite à Metz, le dialogue se déroule et se renouvelle plus facilement qu’ailleurs : “réactivité et prise d’initiative bien françaises”, note l’euro-trotteur expérimenté. Les avis peuvent s’échanger, la boussole montrer le pôle et le gouvernail garder le cap en ligne droite…

Metz, mai 2019, cliché d’UNIR L’EUROPE.

L’Europe et la Méditerranée ont d’ailleurs tout, par nature et culture, pour suivre une feuille de route certes sans fin mise à mal, mais également sans cesse mise à jour, tandis qu’à nos yeux clignent et paraissent des signes. Après le TNS et son I AM EUROPE, mais pendant la tournée de l’Association Tyr et Sidon portant – sous le nom des cités phéniciennes qui se disputent la maternité d’Europe – la pièce de Catherine Guibourg Nous le peuple européen jusqu’au strasbourgeois Lieu d’Europe ce soir même, la cité d’Avignon et le long poème ardent publié par ACTES SUD le prouvent encore avec éclat : Nous l’Europe est un banquet, ne pouvant rester à quai. Car le livre qui l’enivre sans cesse naît de l’alphabet, du signe animal et céleste qui file sur la mer nous tirer des enfers, aleph-le taureau qui nous leste ! Les étoiles d’Europe, nous le savons, sont moins que des miracles, mais plus que des oracles : elles nous confient la ligne d’horizon, le solidaire équilibre qui vibre, qui garde libre, et le trait de la paix. Laurent Godé donne raison à Goebbels sur un “point : rien n’est plus contagieux que les livres”.

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