Hier, la lumière du soleil a bien voulu revenir briller sur notre province. En plein débat sur l’organisation territoriale de cette région, elle a caressé des pages haut-rhinoises, toutes fraîches ou toujours en cours, d’un souffle tonique et pur.

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Quo vadis Europa ? dont le titre paraphrase celui du fameux roman de Henryk Sienkiewicz ainsi que la phrase adressée au Christ par Pierre, tout en reprenant une formule de D. Cohn-Bendit ou d’un journal récent, est un petit ouvrage rédigé par le Mulhousien André-Paul Weber ; cette insistante interrogation se précise d’une question nouvelle : Quel avenir pour l’Europe ? Elle s’assortit même d’une sorte de réponse biblique : De l’abysse à l’Apocalypse, illustrée par deux célèbres gravures  de Dürer, Les quatre cavaliers de l’Apocalypse et Melencolia. Fidèle à la vocation contenue dans son patronyme, l’auteur y tisse en deux parties symétriques terminées par la formule catastrophiste “Il était une fois l’Europe”, en allemand, en français, des réflexions qui nous mènent du “gouffre” (page 21) à de “nouveaux horizons” (page 50). Mais, disons-le tout net, Europe n’a rien d’une “légende”, contrairement aux affirmations de la page 41 : elle continue simplement, réellement, humainement, depuis bien trois millénaires, un peu plus intensément depuis soixante ans, de chercher sa voie du Levant au Couchant, sans avoir jamais su où elle allait, mais en nous imprimant inlassablement l’élan contenu dans son nom devenu le nôtre, c’est-à-dire sa “Large-Vue”.

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Carmin sur glace est le recueil également publié chez l’éditeur colmarien Jérôme Do Bentzinger  par un professeur mulhousien qui à son tour fait ensemble jouer les extrêmes.

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Mais, sous un souffle poétique à la fois créateur, contemplatif  et magistral mûri en Rhénanie supérieure, où l’enfance et la gestation éclosent en gestes de modulation tantôt dissonante, tantôt miséricordieuse, Martine Blanché déploie l’arc-en-ciel du cœur dans des pages qui deviennent visages et voyages, tableaux où dansent des couleurs plus fortes que les stridences de la douleur : en Rouge vénitien court “la joie d’un passant de ce monde” ; puis l’Ambre amer chante “au son d’une cymbale de cigale” pour “cueillir la pêche blanche à même l’arbrisseau”; le Punch enflammé lance, “au pas de l’arpenteur des sentiers non battus”, dès lors “le regard flottant vers une promesse”. Regardons mieux à présent le Rose pétillant de Pierre Bonnard : car “Le compotier éveille sa nature morte”. Passons ensuite au Cocktail passion de la mélodie et du “temps brisé” ; arrivons enfin au Parfum de riz, vers “une ultime montée au temple sur la colline du silence”.

On dirait qu’au feu de leurs aînés de jeunes enseignants, venus de la même haute Alsace où bouillonnent des sources vives, se sont laissé graver en générosité comme en profondeur, en talent joyeux de studieux professeurs, en orgues accordant l’étude et l’organisation : il faut savoir percevoir sous l’ORDre novateur de l’étymologie l’ART du sens et de la santé, puis goûter d’un studio le radieux espace  et l’hospitalité savoureuse. Les montagnes du sud semblent s’être approchées ; en tout cas, la relève est vraiment assurée. Même et surtout en Zone d’Education Prioritaire, le savoir est passion : la sève des livres et des lettres saura se délivrer, se transmettre !

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