Capture d’écran : image illustrant le récit d’un voyage au Kerala.

Regardons tressaillir la pierre millénaire d’une danse intense, mais calme et débonnaire. En ce jour, le printemps ouvre un œil officiel ; c’est de surcroît la date où chacun sous le ciel, sur toute la terre, devrait vivre la fête internationale du bonheur… Il halète hélas sous des coups de haine, si fous que ce dimanche de carême sanglote d’âcres jeûnes, même infligés autour de nous. Ainsi, sans le vouloir, Théâme fait se taire désormais la voix amicale de ses commentaires ! Mais la réparation et la consolation nous tendent leur immense vigilance : si violente demeure l’Espérance que, dans la nacre des boutons qui reviennent à leur lueur première au bout de l’ombre et des années-lumière, sonnent des rythmes et des tons.

Boutons collectés dans sa maison familiale par Françoise Saur, exposition Ce qu’il en reste, accompagnée par Joris Rühl d’une originale vidéo, que ponctuent de profonds et fins échos infiniment évocateurs.

Ce sont des énigmes ou des borborygmes qui montent comme des grognements modernes ou des roucoulements d’amour non plus impossibles, mais soudain presque invincibles par-dessus les obus ou les décombres enflant sans nombre. Que se dessillent nos yeux, que se protègent les lieux où prie la vie. Tous sont sacrés, à commencer par Notre-Dame où s’appuient les corps et les âmes, la mémoire de Victor comme nos efforts à tort et à travers. S’arrimer à la porte de la tour qui brûle la rendra forte.

Capture d’écran de la bande-annonce du film de Jean-Jacques Annaud NotreDame brûle.

Car il est une Porte pour passer, pour entrer ensemble sans s’effacer, pour garder du danger les hommes et les bêtes, pour chasser devant nous la chasse et les défaites.

La nuit, sur les routes forestières, des cataphotes d’azur assurent les voies des hommes comme des chevreuils : l’oeil des uns croise l’oeil des autres sans heurt ni peur.

Alors, comme Alexis niché sous l’escalier de la mort, ou Lazare, nous sortirons déliés même du coma qu’est la haine, vers une douceur souveraine, mais si simple qu’elle vient s’inviter chez nous pour respirer à nos côtés.

Première de couverture du roman d’Isabelle Perée, Sous l’escalier, éditions Le livre en papier, 2021.

« Comment survit-on à la nuit ? En ne la laissant pas trop grandir ! » disait mon grand-père. Ferdinand le concierge ressuscité peut bien se demander ensuite à la Shakespeare, dans l’immeuble des Roses qu’il n’habite pas encore pleinement, si sa vie [est] subitement devenue une espèce de farce idiote faite de surgissements : son cœur ouvre lentement des ailes inconnues vers d’autres même frêles, sans quitter le sol, saisies d’un envol d’attention solidaire, créatrice et claire. Le bonheur est un chœur où tous les rôles vraiment s’épaulent.

Capture d’écran de la vidéo signée Arthur Brody Oiseaux.

Allez voir sur écran un CHÊNE vieux, mais grand, où chante la tendresse devenant ROBUstesse, où la technique avec bonheur nous touche au cœur, en serviteurs de la grâce par l’audace.

Capture d’écran de la bande-annonce du film Le Chêne. La chanson finale de Tim Dup Et tu restes est une belle contribution à cette Journée de la Francophonie.

One Reply to “Quel bonheur est sans coeur ?”

  1. Voici rétrospectivement le commentaire d’Anne pour le précédent billet de Théâme, qui semble avoir fermé la porte momentanément. Grand merci à elle de sa lecture fidèle et substantielle.

    « Fais-moi place, semble prier le commentaire au bord de ce Buisson gardant.

    Moïse a-t-il cessé de garder son troupeau pour venir regarder la chose extraordinaire, cette flamme qui arde sans dévorer son buisson ? Comme un amour assez nu pour aimer sans dévorer? Qui le peut, sinon Dieu seul, lui exempt de tout déficit d’être, lui qui peut brûler et ne pas en être consumé ? Comme un amour assez pur pour sortir du domaine de la fatigue ? Mais de quoi nous parle cet ocre-ciel, sinon des larmes d’un Christ jaune, sinon du sable de Gandoura tenu dans une mamelle de chameau et de la soif inextinguible au désert des guerres. La part de jaune d’or du drapeau d’Ukraine vole au vent du sable obstruant les yeux . La part de bleu crie sa liberté. Quant au grand Albert d’Alsace et de Lambaréné, il est là, intercesseur muet du soin du monde, du trait d’union de pays à pays. Puisse JE SUIS continuer de donner mission à ses anges de GARDER sur tous leurs chemins les gens d’Ukraine, et à nous assez de feu pour être encore et encore gardiens de nos frères. FAC UT ARDEAT COR MEUM – FAIS QUE BRÛLE MON COEUR… chante le STABAT MATER de Pergolèse. »

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