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Ungersheim, cliché Théâme.

Dans les grands vents d’Alsace et de Pentecôte qui tournent autour du carrefour du Nouveau Monde entre Bollwiller et Soultz, non loin de l’Ecomusée d’Ungersheim, désormais les terrils ne sont plus en exil : les montgolfières rongent certes leur frein, mais les coucous nous appellent à gorge déployée, ainsi que les grenouilles, à tenir compagnie au Petit Prince comme à tous les enfants, aux anciens qui s’en souviennent, aux actuels qui leur tiennent la main.

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Mare du Petit Prince, cliché Théâme.

Sur cette terre sinistrée, creusée de mines désaffectées qui lui donnent mauvaise mine, soudain des murmures foisonnants, puis des mots, laissant bruire, luire, leur moire entre Vosges et Forêt-Noire, font du labyrinthe de nos vies un hublot : et, tout à coup, la grâce remplace la potasse, cet engrais minéral désormais épuisé, puisque d’autres idées d’entreprise ont fusé. Car “On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.”

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Labyrinthe de la Fontaine et du Petit Prince, cliché Théâme.

Parmi les étoiles, Stella d’une voix pure qui sait bénir pour bien unir  – en hésitant un peu, car anglophone – assure : “Antoine peut être content”. Jurant avec la verte plaine où leurs ombres errent et traînent, ses vieux frères chevalements se réveillent près de l’Aérophare qui de joie les éclabousse et les pare. Face à “l’amour de la mort” professé parfois, l’amour de la vie ne peut trépasser.

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Aérophare et aérobar du Petit Prince, cliché Théâme.

Quand s’enfuit le mépris qui toise, l’écrivain pilote revient : car il suffit qu’on “apprivoise” pour que dure et se crée un “lien”, certes “responsable”, et pourtant délectable plus que des films d’animation ou de rentables attractions.

Parmi les âges et les visages, avançons de hangar en hangar, des frontières non pérennes aux langues qui se comprennent, et jouons de hasard en regard.

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Vidéo dans le hangar “Métamorphose” du Petit Prince, cliché Théâme.

Puisse la meurtrière vermine semée par les guerres, par les mines, laisser les vols – et papillons – de nuit comme de jour faire mûrir les fruits de l’enfance pour que nos mines s’illuminent : vers ce rêve qui soulève les poids, par-delà cette profession de foi quelque peu solennelle, rentrons dans l’éternelle danse de la terre, du ciel, du visible et de l’essentiel !

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