Un autre Hugo.

Quelquefois, les techniques de communication échappent à notre attention, créant des émois de panique : zut ! L’article s’était publié sans nulle magie, et l’étourderie avait tragiquement fait crier Théâme : “Je tombe de Charybde en Scylla !” Est-ce que ces deux récifs tournoient en trombe, se la lançant dans leur folie çà et là ?…

Le père de Hugo n’est pas mort, puisque partout il lui montre le nord.

Par bonheur, Hugo pousse le rideau et répare tous les rouages rouillés de deuil et d’échouage. Germant sous les pages, le cinéma va rendre à la grisaille un plein éclat.

Combien d’inventions jaillies des crayons !

Ainsi, les revues permettent la mue des instants en grand vent qui d’un souffle dépasse les bosquets de l’espace. Sur les distractions, Claude Vigée veille pour que les merveilles deviennent action et, PEUT-ÊTRE, fenêtre, grâce au kaléidoscope des essais critiques tendus vers un accord parfait : l’amie Sylvia nous quittait cet automne le jour même où paraissait une bonne double page de Martine Blanché sur elle et son père Maxime Alexandre, sur la créatrice amitié qui sait descendre du ciel surréaliste à notre plancher…

Rem, “A en perdre la raison”, estampe : revue PEUT-ÊTRE n° 10.

De fait, la poésie reprend et donne vie, transformant en couleurs partagées la douleur. Quiconque travaille change la grisaille en une solaire solidarité qui lève la pâte de la liberté.

Illustration : Béryl Cathelineau Villatte, “Deux arbres”, aquarelle.

One Reply to “Quand s’émaille la grisaille.”

  1. Hugo Cabret est un joli personnage pour commencer à tourner les horloges du nouvel an 2019 = 3 fois 673. L’idée seule de réparation est de nature à infléchir de plus durable et juste façon les mécanismes d’un monde qu’use et fatigue le tout-jetable. Réparons comme Hugo les objets et les vivants, mettons-y notre piété filiale : cette vertu qui court de Virgile à la bible, qui respecte l’outil et fertilise le monde. Réparons les sourires et les choses trop cassées par ceux qui se sont vêtus de gilets usurpés, qui laissent derrière eux la démolition au lieu de l’espoir et de la justice. Alors de toute grisaille nous ferons des émaux et les horloges de nos vies auront des fonds roses d’indiennes. PEUT-ÊTRE est un autre mot utile et fécond pour commencer une année : il garde ouvert le possible – tant l’impossible nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne. YHWH seul est celui qui dit JE SUIS CELUI QUI SUIS, nous autres humains disons : je suis celui qui peut être. Que ce possible nous soit ouvert et donné, tel est le voeu d’émail que j’adresse à Théâme.

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