Vrais rameaux de… faubourg (de la part de ducs pour un Roi), cliché Théâme.

Nous sommes certes sourds, assommés par les guerres, par l’assaut des misères, mais en nous sans fin sourd la source transparente dont la vie est parente : de la première elle est l’enfant… Dès lors, dans les cris naît le chant d’une fontaine qui n’est pas vaine puisque l’eau fait défaut ou qu’on la pollue – toute honte bue…Lytta Basset module cet air au rythme de La Source que je cherche : “Dieu serait celui qui  souffle, qui amène le vent, donc du nouveau.” Nous pouvons même, affirme-t-elle, Le prier en approfondissant le Notre Père : “Que ton Énergie vienne mettre en lien tous les vivants”. Or, précise-t-elle d’après Marc-Alain Ouaknin, “en hébreu, la racine verbale pour parler de liberté signifie également chercher“…

Résurgence du ruisseau de l’Arrot, plein flux au printemps, vallon de la Deuille (Lorraine, France), http://www.patrickdieudonne.com/4images/data/media/261/lor_017.jpg

Mais, si les canaux souterrains se gorgent de ciel souverain, la poussée des résurgences est décuplée par l’URGENCE : sur le Messie d’autorité fleurit d’abord sans contester l’humble campagne de concert avec la ville, jusqu’à ce que s’épanouissent les rameaux et que les rues se tapissent de manteaux. Contre la mort résiste une sève tranquille, plus savoureuse que le savoir, au-delà des clystères du vouloir, du pouvoir, en frappant aux battants du mystère.

“Le Christ entrant dans Jérusalem” par Giotto, chapelle Scrovegni à Padoue, http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/giotto/ar26j10.jpg

En effet, déclare Edgar Morin dans Connaissance, ignorance, mystère, “l’inconnu est au cœur du connu”. Nous en revenons donc aux mystères qu’étaient les initiations antiques, et au point de départ de la civilisation grecque. Il n’est pas une triple négation, mais un début absolu : “Je ne sais rien, répétait Socrate, sinon que je ne sais rien“. Mais le mystère, conclut en ouverture l’essayiste presque centenaire, nous éclaire finalement : c’est qu’il “nous fait comprendre que vivre est une navigation dans un océan d’incertitudes avec quelques îlots de certitudes pour s’orienter et se ravitailler”…

Elément décoratif d’un restaurant libanais : reproduction d’un navire phénicien, cliché Théâme.

Or, par les arcanes de l’étymologie, ensemble PARabOLE et PAROLE se lient avec l’essor et l’entendement, avec l’accord et le mouvement, avec l’errance et l’espérance, avec le secret lavé des regrets – après la quête, avec la fête – comme le suggère le bibliste Jean-Pierre Prévost dans son nouvel ouvrage, Les Paraboles de Jésus – Un trésor à redécouvrir : “La Parole n’est ni magique ni instantanée. / Elle aime mûrir lentement au plus profond des cœurs, / Là où naissent et se tissent les émotions et les projets, / […] Miroir de la vie des hommes et lueur d’éternité.”

Nos ténèbres se déchirent parfois sur un murmure qui nous vient tout droit des nappes enfouies dans la grâce et dont le courant par nous passe…

 

Je la connais, la source,

elle coule, elle court,
mais c’est de nuit.

Dans la nuit obscure de cette vie,
je la connais la source, par la foi,
mais c’est de nuit.

Je sais qu’il ne peut y avoir de chose plus belle,
que ciel et terre viennent y boire,
mais c’est de nuit.

(Début d’un célèbre poème de saint Jean de la Croix.)

Ainsi la lumière, au fond de l’âcre obscurité qui se languit de charité, frôle nos lisières. Ainsi toute réflexion produit une parabole : si le mystère ne s’envole pas sous une révélation, il se rallume parmi l’écume, en un algébrique foyer vivant que rien ne peut ployer, en une résurgence dont nous pousse l’urgence. Car la résurrection est la discrète action qui nous fédère en équipage et nous appelle aux sauvetages. Saurons-nous chercher, ouvrant nos oreilles, pour trouver, partager, les merveilles ?

http://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/f9/6d/76/7761401/1507-1/tsp20160310152626/Les-paraboles-de-Jesus.jpg

 

 

 

 

 

2 Replies to “Quand crie l’urgence des résurgences.

  1. Merci pour la parole d’Edgar Morin : “l’inconnu est au coeur du connu”.
    Oui, c’est de là que peut resurgir la source du coeur nouveau, de l’énergie nouvelle.
    Vieil arbre bien connu : émerveillement de sa transformation au printemps. C’est bien lui, mais comment est-ce possible ?

    1. Oui, Chantal, du vieux bois aux branches décrépites jaillit en crépitant la joie qui ressuscite : nous le savons par les apports amis, qui sont autant de surprenants semis !

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