Strasbourg, récent vitrail à double et multiple face : le visage du Christ bénissant l’intérieur comme tout l’extérieur de la cathédrale est une mosaïque de Strasbourgeois photographiés pour le millénaire de l’édifice.

Réveil abasourdi par les armes, vidé, mais alourdi, par les larmes…

Cuillères en bois fabriquées, peintes et vernies en URSS, l’une rapportée de la terrible
captivité à Tambow, l’autre – avec sa coupelle – juste avant la chute du Mur.

Aussi constants que modestes, aussi modestes que constants, nous marchons vers le Carême en descendant à l’extrême peur, cœurs en deuil de notre triple « maison commune » : le monde que ne rafraîchirait aucune guerre, l’Europe dont saigne le poumon après la joie de sa guérison, finalement le puits de la Bonne Nouvelle que piétine et que cherche à boucher un « fidèle » souillant, sous sa violence, de l’aube le silence.

Photo d’une image prise à Royaumont en avril 1990,
lors du colloque « Une culture pour l’Europe ».

Le grand Inquisiteur n’est certes pas mort, mais il n’est pas pour autant éternel ou divin comme le Christ, sa Victime toujours exposée à ses coups, et dont le sacrifice travaille sans relâche à la résurrection.

Avec l’autorisation d’Anne Miguet : le « Grand étang de ses Petits »
le 24 février 2022 dans le territoire de Belfort.

Que, sur notre triple maison qui saigne, la raison claire et la liberté règnent, plus fortes que le passé, que nos espoirs terrassés.

Mulhouse, au Centre Teilhard de Chardin.

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One Reply to “Qu’est-ce que nous enseigne une maison qui saigne ?”

  1. Constance des cœurs expérimentés, oui, tu saignes dans cette algèbre de tristesse d’une guerre qui va tuer tant de ponts. Ô vous, tous les saints de notre Maison commune, vous dont l’âme saigne à chaque frappe, comment nous protégerez-vous? Comment seront gardés les lieux de la Bénédiction ? Comment, modestes et désarmés, lutterez-vous contre un mur de tristesse ? Un Christ de Pâques pourra-t-il encore se relever d’un carême sans issue et danser sur vos places, sortir de sa mandorle comme la fleur de sa gangue verte, et jaillir pour la Paix comme un crocus de printemps ? Prions, prions encore, et qui pourra, dans le sillage du poète résistant René (Char), « nous dire lâches » ?

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