Jean-Claude Guillebaud a, dans l’hebdomadaire La Vie du 13 décembre 2012, fait entendre une réponse positive à cette question en présentant et commentant page 23 l’ouvrage que vient de publier le dominicain Claude Geffré : Le christianisme comme religion de l’Evangile.

Au fil des premières pages, une piste étymologique se dessine dans l’esprit du lecteur quelque peu familier de la langue allemande : les notions de sacré, de salut, de santé, n’y sont-elles pas apparentées par des indices sémantiques plutôt que phonétiques ? De fait, nous assistons à l’exégèse des genèses, y compris du terme religion, reliant à la fois la personne à un réseau de règles intériorisé comme le voudrait l’étymologie cicéronienne, au créateur et à ses frères, au-delà même des différences religieuses ; car, écrit Claude Geffré page 218 : “C’est justement au moment où l’Europe ne se confond plus avec une ambition de conquête coloniale que les valeurs de l’esprit européen sont d’un grand prix pour les diverses nations du monde”.

Dès lors se fait jour “Un pacte d’amitié entre Dieu et l’homme” (page 227) et “la parabole ne condamne pas celui qui n’a restitué qu’un seul talent parce qu’il aurait été paresseux, mais parce qu’il a eu peur” (page 257).

Sur la route reliant à la fois le Tao, la voie rationnelle de la méthode  accordant le but au point de départ, enfin le chemin du Christ qui est vie autant que vérité, la cathédrale de Strasbourg vient de se montrer sur les écrans, petits et grands, par la grâce artistique et technique d’ARTE, comme le fruit d’une chaîne serrée de créateurs souvent anonymes, ensuite appartenant à des lignées (Steinbach ou le bien nommé Torrent de pierre, Ensingen) jusqu’à l’ultime parlier (au sens de contremaître ou d’appareilleur, d’agent de relations et de coordination technique par toutes sortes de paraboles, notamment par la parole) que fut Jean Hultz, l’inventeur et l’artisan de la vertigineuse flèche lumineuse : le seul “modèle” à suivre apprend surtout à vivre, entre les cibles et l’invisible.

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Oui, fait dire à Ulrich d’Ensingen tout au début du XVe siècle ce documentaire en trois dimensions – et en crédible fiction : “[Pour donner son envergure à] ce que veut l’art et ce que permet la science […]  peut-être que l’attraction vient non pas tant de la terre que du ciel”. A la jeunesse fidèlement entretenue par l’Œuvre Notre-Dame, de l’incroyable spirale de la flèche à l’invraisemblable volute du Pilier des Anges, les heureux spectateurs des Mystères de Noël voient, depuis dix-sept ans, les audacieuses et gracieuses équipes sous la houlette de professionnels inspirés (comme les architectes aspirés par l’irrésistible assomption de Notre-Dame) ajouter une juvénile énergie intérieure. Effectivement, la religion de la Bonne Nouvelle peut cimenter les constructions humaines pour qu’elles soient fraternelles.

 

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