Mulhouse : fête du printemps, place de la Réunion.

“Petit poisson deviendra grand, / Pourvu que Dieu lui prête vie”, affirmait le bon La Fontaine : la morale est-elle certaine ?

Le temple Saint-Etienne, le premier avriL

Tes grands-parents disaient déjà, tout petit prince déçu – si mince -, “No future“… Te voici las, sans école, sans perspective. COURS A LA MAISON… Enfant d’Eur-Ope, tu te crois my-ope : où va l’horizon ? Comment atteindras-tu la rive des projets, comment accoster au port, voire au bord de tes rêves, de pied ferme, et rester posté jusqu’à ce que la vieille sève reçue bouillonne, donne et lève ?

Mulhouse, enclos de la chapelle Saint-Jean : un chapiteau de Marbach a -t-il été hissé jusqu’ici ?

Parfois on rapporte un pilier à la pierre vandalisée : certes, rien n’aurait pu relier deux œuvres exilées, usées, sinon la chapelle Saint-Jean et l’arbre s’offrant en auvent… Vois-tu la croix fleurir encore au point que des branches se dorent de bourgeons ? Tout à coup, l’enfance le long des boulevards s’avance.

Mulhouse, boulevard Roosevelt : tag de Pierre Fraenkel.

Suivons à l’envers des panneaux les jeunes regards vers le haut : car, au pied des tours, des collèges, avec le printemps joue la neige. Laissons donc les contradictions forger de neuves convictions !

Mulhouse, tour de Nessel dans le centre de formation Roosevelt : flocons sur primevères.

Cœur battant, souffle haletant, comme en suspens l’école attend :

Mulhouse, lycée Albert-Schweitzer, l’une des stèles à l’entrée : abeilles matineuses et butineuses.

sans bruit, l’espérance bénie entraîne les futurs génies par des travaux rudes, mais beaux, par-delà les ombres et tous les décombres. Les petits princes errants deviendront actifs et grands.

Mulhouse, école Jean de La Fontaine.

One Reply to “Petit prince deviendra grand.”

  1. Un billet qui tend ses petites menottes vers les flocons de printemps, vers des poissons d’avril accrochés aux cordes de la ville, vers le troupeau de jonquillles et narcisses broutant auprès de la tour. “L’infini attaque”, écrit rené Char : est-ce qu'”un nuage sauve” ?” Ne sommes-nous plus, nous parents et nous enseignants, que les nuages et les contemporains de ces enfants sans écoles et trop abandonnés à eux-mêmes? Par quel âpre ascétisme allégorique VIVRE redeviendra-t-il pour eux la conquête des pouvoirs dont ils se sentent confusément traversés et qu’ils n’expriment plus qu’à peine, trop bâillonnés, trop confinés qu’ils sont ? Où “Liberté” écrire désormais “ton nom”? Sur quel front de la rose, sur quel “cahier d’écolier” ?
    “Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison, murmure encore René Char, Garde-nous violent et ami des abeilles de l’horizon”, comme le blason du lycée-rucher attend ses ouvrières. Que notre soif reste infinie !

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