Erstein, Musée Würth, exposition JOSE DE GUIMARAES : “Alphabet africain”, 1971-1974. Déchiffrons ces portées de si loin rapportées.

Au musée Würth, l’art de la fermeture inaugure avec brio l’ouverture, par la gratuité de l’exposition comme du concert d’improvisation. Est-ce en l’honneur de l’évadé de la mort, ce Lazare qui sait comment on en sort, ou de saint Polycarpe que l’on fête plutôt ce dimanche, sous la tempête ?

JOSE DE GUIMARÃES, “Joconde noire”, 2003.

Toujours est-il que l’on peut voir même à travers le mal trop noir : alors les masques tombent en vasque.

Collection JOSE DE GUIMARÃES, élément de masque angolais.

Comme des fleurs d’un taillis, une lumière en jaillit sur les visages et les ravages du trouble mental qui laisse bancal dans une famille tel ou tel membre aimant, errant, pleurant, de chambre en chambre.

Au profit de l’UNAFAM, dans l’auditorium du musée Würth le 22/02/2020, concert d’improvisation pianistique par Jean-Pierre Bohn et lectures notamment anonymes : les patients psychiques offrent leurs compositions humoristiques et poétiques.

Des salles hautes en couleur, descendons jusqu’à la chaleur de l’ombre battante et drapée d’attente.

Vue sur l’exposition JOSE DE GUIMARÃES depuis l’étage du musée Würth :
on perçoit à gauche le relief de la “Joconde noire”.

Sur la scène, l’humour laisse place à l’amour : l’aile du piano comme une caresse ou l’eau d’un rouleau chasse la tristesse et ses sombres flots.

Si Jean-Pierre Bohn a certes besoin, pour illustrer au piano des textes poignants, de lectrices comme Colette et Denise, mais d’aucun tourneur de page, c’est que l’IMPROVISATION inspirée supplante la PARTITION !

Car la vague du rythme invente l’harmonie contre les tourmentes : sans ségrégation et sans partition se propage le partage qui repart de page en page. Sachons avec la Providence improviser pour mieux contre la misère nous coaliser.

JOSE DE GUIMARÃES, “Favela“, 2007.

One Reply to “Partages sans partition.”

  1. Belle rencontre d’un pianiste et d’un plasticien, et que cet improvisé ressemble à l’imprévu et à l’inespéré du Royaume. Par la musique qui surgit des doigts plus que de la tête, la défaillance mentale laisse tomber ses défenses, et ses failles se font des flèches et se font du pied et l’invisible partition prend langue, flèches, pieds, et langues dansant sur cet alphabet africain coloré de José de Guimaraes. Alors tout concourt et se rejoint ; au lieu de la partition qui, en mathématiques, clôt ses frontières, sévère comme un apartheid, c’est l’inclusive répartition des sept notes et des sept couleurs qui écrit pour nous tous, toujours assoiffés d’amour, mille mots doux. Au Pays des mille collines, Notre-Dame du Nil est noire comme cette Joconde de José. Le Rwanda est un Lazare noir qui ressuscite ses millions de tués. Handicapés, Juifs, Tutsi… plus jamais on ne répartira ainsi un peuple qui doit vivre et un peuple qui doit mourir : Faim, cri, soif, danse, danse, danse. Les bleus débarquent, le piano se mêle au tam-tam pour appeler la paix.

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