Mulhouse, nouvelle signalisation après le confinement sanitaire.

Soulevons les couvercles, élargissons les cercles. Les cours reprennent : après la rénovation de la cour s’y retrouvent et bondissent des rennes.

Molsheim, rue de l’Eglise, maison-mère de la congrégation
d’enseignantes de la Divine Providence de Ribeauvillé.

Le LOISIR sait nourrir, un acrotère ne peut le taire : on dirait que la paix sort de son calumet, chuchotant que l’institution SCOLaire de toute harmonie sociale est la mère, qu’elle garantit jusqu’à la mort – au creux de leur béance, par le secret de ses sobres séances – pauvres et nantis…

Zoo de Mulhouse, un enclos de lémuriens : mère et son petit.

De son côté, la musique se montre également, d’un même mouvement, formatrice et LUDique, puisque les muses de la grâce et de l’esprit JOUENT pour nous éduquer à l’accord infini, puisque la durée n’est pas brève avant qu’on soit vraiment élève.

Un square strasbourgeois en cours de réaménagement.

Suivons la flèche pour cultiver le ciel vaillamment, comme le blé : “Merci, écrit cinquante ans après – d’une manière inimitable – un ancien professeur à son ancien élève, de me rappeler que la profondeur c’est vers le haut (hauteur/auteur), vers le Sinaï…” (Michel Monory à Michel Arbatz dans C’est le cœur qui est grec – une correspondance, préfacé par Juliette Simont aux éditions “Le temps qu’il fait”, 2018)

Sur la grille d’une école mulhousienne, après le confinement sanitaire.

La pédagogie égale énergie dans les deux sens, sans nul encens entre itinérants et correspondants artistes dont inconsciemment se croisent les pas, les pistes : “Demain notre âme hisse la voile”, s’écriait en 1942 un poème de Séféris cité par le même professeur dans l’étonnant équipage qu’il forme avec son surprenant élève en une traversée au très long cours…

Nouveau hall du lycée Albert Schweitzer de Mulhouse.

Apprends et tends l’ample trame de ton âme. Mais “Comme la lettre, l’amitié est prioritaire” en ce métier, rappelle la même grande missive tel un journal voguant entre jour et rives, tandis que de l’horizon surgit la vague des monts.

Echappée sur les Alpes bernoises depuis Rammersmatt.

Invente et chante sur ton chemin, en pèlerin peut-être sage sur tes passages.

Dans une rue de Rammersmatt.

D’abord butinez, puis illuminez, ensemble en ordre sans laisser mordre notre miel par le fiel ni la tendresse par la détresse.

Extrait de Secrets d’abeilles de Pierre-Olivier Bannwarth,
illustré par Fanny Ducassé, Albin Michel, 2018.

Il faut s’allier pour étudier, pour piocher, bêcher, l’évidence et “partager le bon silence”, écrit le vieil élève au maître décédé cependant, mais toujours guettant la vérité.

Strasbourg, entrée du collège Fustel de Coulanges après le confinement sanitaire.

Solidaires, allons au puits plus frais et puissant que les nuits, aux fontaines souveraines.

Rixheim, Musée du Papier Peint : motif de la fable de La Fontaine Le Renard et la Cigogne d’après Esope.

Car, si le sol est trop sec, nous abreuve “le cœur grec”.

“Trésor” des lettres échangées entre deux Michel entre 2009 et 2012 : découvert
par Juliette Simont, il porte en couverture une peinture-collage de Michel Monory.

C’est lui qui travaille en sourdine à faire tourner les turbines : en lui respire alors l’invisible trésor, ce dépôt dont s’envole le plein air d’une école.

Banc gravé dans une église mulhousienne…

Même le bois à longs traits boit – car, sacré, le cœur ne reste jamais à court d’idées ni de gestes – le courant de l’élan. Nulle vie n’est fluette : un message succinct, lorsque semble se noyer le courage, quand l’appel au relèvement surnage, dégage notre instinct par la leçon muette qui ne cesse de résonner, de bourgeonner, de rayonner… “Ce que tu as vu – disait Ritsos cité par le professeur chevronné, chenu, pour son élève passé maître dans tant d’arts de rendre et devenir libre – , tu ne le vois que beaucoup plus tard”…

Mulhouse-Ouest : le héron en hôte habituel sur le canal de l’Ill.

4 Replies to “Nul bon cours n’est trop court.

  1. Merci, Théâme, pour ces choses vues et qu’on ne voit que beaucoup plus tard, pour ces incises transmises de l’unique coeur grec qui a continué de battre entre un maître et son élève longtemps après la fin des cours. Oui, quand l’école est finie, il arrive que la classe continue et que résonne encore longtemps en nous ce qui, retrouvé, nous semble émis par une divine providence. Chance donc pour les enfants de France que cette courte reprise du chemin des écoles et des écoliers après la longue interruption sanitaire. Ainsi chante Char dans sa COMPAGNIE DE L’ECOLIERE “Je sais que les chemins marchent plus vite que les écoliers.” Seront-ils héron, lémurien, renard ou cigogne, pour se laisser nourrir et abreuver avant le retour prochain au jeu et au loisir de l’été ? Et nous, quel sera notre JOB ? Quel coeur graverons-nous sur le bois de nos vies en souvenir de ce temps à la fois étroit et fertile ? Quel cours auront pris nos rivières? Comment rejoindrons-nous les montagnes dont nous avons tout un temps été éloignés ? Que le temps pour répondre soit à la fois long et court. Dans l’éternel comme dans le temporel, ce que nous dirons comptera, que ce soit court ou long. Ecrire a long cours comme la cigogne a long cou.

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