: Consécration du 20 juin 2010

MAGNIFICAT SAS vient de publier du pape François Amour, Service et Humilité. Tressant avec la Bonne Nouvelle qu’est l’Evangile poésie franciscaine et spiritualité ignatienne, Jorge Mario Bergoglio devenu le successeur de Pierre y donne aux verbes mêmes la majuscule des noms les plus sacrés : tandis qu’Il corrige les peurs et qu’Il  nous invite à veiller avec Lui […], Le Seigneur nous Appelle et nous Forme […], Combat pour nous et avec nous, notamment l’acédie (qui se traduirait vulgairement par “Je m’en fous”) […]; nous Réforme en nous enseignant qu’être pauvre c’est ne pas avoir de “biens acquis” […], nous Transforme dans l’Amour […], dans la mémoire et la responsabilité ; car Il agit sans cesse, d’après Bède le Vénérable, Miserando atque diligendo, “en pardonnant et nous choisissant”. Cette formule demeure la devise du nouveau souverain pontife et montre la vitalité d’une foi deux fois millénaire, humble autant que serviable.

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Une autre œuvre, portée par la même énergie reconnaissante et rayonnante, semble traverser également l’Atlantique et le temps impitoyable, ne fût-ce que les décennies de l’oubli.

Corcovado e Pão de Açúcar ao fundo

Georges Bernanos, pendant la guerre d’Espagne persuadé – comme l’a déjà rappelé Théâme – que l’Evangile est tellement plus jeune que nous, a poursuivi au Brésil son aventure de père de famille éleveur, écrivain, résistant, et poussé plus loin les rengaines de son étrange orgue de Barbarie qui circulent à nouveau puissamment au début de ce nouveau pontificat : “Ce n’est pas ma chanson qui est immortelle, c’est ce que je chante”. Même le modeste ouvrage édité par LETTRES MODERNES MINARD sous le titre Résonances bibliques d’une œuvre de fiction – “le moulin à lumière” de Bernanos ne semble pas épuisé quatorze ans après.

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Sur le chapiteau de Vézelay qui a servi de thème porteur à cette étude par des détours tantôt exégétiques, tantôt diégétiques, et qui représente une rencontre mystique autant qu’un moulin à musique essentielle, Moïse avec soin emplit de grain la trémie médiévale de Paul qui, tout émerveillé, en regarde couler la farine à propager : l’Ancien Testament transvase la première alliance pour que la Croix la broie jusqu’à l’alliance nouvelle et jusqu’à l’éternelle jeunesse de la joie. Ainsi la pierre peut crier, chanter, brûler comme autant de cœurs vivants ; ainsi le lecteur ou la lectrice peut passer “d’une écriture à l’Autre”.

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Si la parole sert de passerelle, l’écriture, elle, nous donne des ailes : sur les déserts flotte un autre air, car la grâce y bouillonne et ruisselle. Le SAVoir offre la SAVeur moins des couleurs que des valeurs ; encore faut-il que nous parviennent les livres et les caractères où l’âme se délivre, comme se lit et se dit en pachtoun, enfin, la jeune poésie féminine afghane appelée landai.

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