Le nom complet de la cathédrale élevée à partir de 1015 sur une hauteur strasbourgeoise au bord de l’Ill où successivement s’étaient installés des temples polythéistes et de vulnérables églises est Notre-Dame en son Assomption.

Cette précision savante et théologique mobilise le verbe assumer d’origine latine, que nous connaissons autant que nous essayons de l’incarner : il signifie en général prendre sur soi, à la différence du résumé, du prêt à consommer ou de la consomption qui dessèche le corps avec le cœur !

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Parcourons donc les pavés à la recherche, non d’une plage, mais des visages, guidés par le souffle d’une Bonne Nouvelle toujours à naître, à venir, assumer et faire naître : entrons dans la ronde des promenades dont cette capitale des routes a le secret, surtout à l’heure où son maire va se joindre aux représentants de l’Union Européenne pour recevoir au nom de plusieurs centaines de millions de citoyens le Prix Nobel de la Paix 2012.

Marie que l’Eglise catholique vénère comme ayant été conçue immaculée et mis au monde Jésus, donc Dieu fait homme, est aux yeux de la foi montée au ciel par l’amour de son Fils, par l’Assomption qu’il opère : le vitrail offert en 1956 à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg par le Conseil de l’Europe pour réparer tant de dommages de guerre reproduit la bannière médiévale de cette ville et représente la Femme de l’Apocalypse couronnée d’étoiles, tout en accueillant largement les rayons du Levant sur l’autel et dans le chœur.

Au pied de Notre-Dame et de son Enfant se sont d’ailleurs installées deux crèches, dont l’une remonte au XVIIe siècle et nous vient de Naples : saluons-les tous deux en ce samedi de l’Immaculée Conception, entre cristal et ciel, entre neige et feu.

Sous le regard lumineux de cette Mère et de son Fils, dans quelques jours une nouvelle fois pour l’Avent, le Mystère de Noël rallumera la sève de la jeunesse pour interpréter Nomades de l’Alliance.

A côté de la cathédrale Notre-Dame en son Assomption, voguant telle une nef minérale entre la houle et la foule éperdue, continueront ainsi de s’inventer des chemins humains.

A l’aube de l’Année de la foi, à l’ombre de cette élévation, chantiers et marchés doivent donc, au lieu de s’asseoir à côté du siège archiépiscopal, s’assumer et s’inscrire dans la grave joie qui va se graver prochainement, progressivement, place du Château, à même le socle méridional de cette cathédrale. Victor Hugo gravit sa tour jusqu’à la flèche et en descendit pour envoyer à un ami, en 1842 depuis les bords du Rhin, ces lignes : “Dans un seul rayon de soleil / Chaque tourelle fait face à une nation différente” ; en 1931, Jean Hans Arp  chanta tour à tour le même bâtiment qu’il connut dès son enfance comme “un cœur”, comme “un bourgeon”, comme “une hirondelle”. Tant il est vrai que la pierre la plus dure peut battre et vibrer, sur l’esplanade centrale d’une vivante plaque tournante, d’une énergie venue de loin pour nous porter plus loin, pour UNIR L’EUROPE :

DEPUIS TROIS MILLE ANS,

DEPUIS LE LEVANT,

L’EUROPE NOUS APPELLE :

SUR SA ROUTE, ELLE EPELLE

L’ALPHABET

ET LA PAIX.

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