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Quart d’heure diplomatique ? Parfois une fenêtre se permet un narquois retard, refusant d’offrir ses merveilles tout à coup dans une façade trop vieille. Peut-on murmurer alors avec l’empathique certitude de Baudelaire porté par le Spleen de Paris : “Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie” ?

Mulhouse, avenue Aristide Briand, été 2019 : depuis,
ces compositions botaniques ont laissé la place à de sombres stores.

Est-ce que le rez-de-chaussée rehaussant la rue de l’Eté sans se laisser déconcerter par les saisons ou les années s’est brutalement étouffé, éteint, sans mot dire biffé ? Les volets sont gris, hermétiques, Est-ce un quart d’heure académique ?

A Mulhouse-Ouest, plaque de rue bilingue
face à l’un des plus grands établissements scolaires de l’Académie de Strasbourg.

Cette ville bon enfant nous propose heureusement des parcours en un quart d’heure, sans heurts, sans hâte et sans leurre.

Mulhouse ce matin, boulevard Stoessel : parterre de tulipes.

Le long des fleurs courent les cœurs : ni lassitude ni solitude.

Mulhouse, entre les quartiers du quart d’heure, la tour de Nessel au soleil et aux jonquilles levants.

Les portes, les chemins, créent la concertation : la ville entre quartiers noue la conversation.

Devant le lycée Schweitzer, élagage acrobatique par l’entreprise L’Arbre en Tête.

La vie végétale entraîne les pétales de la cité vers la beauté, partagée, étagée, pour que puisse, comme un foyer clair, substantiel, se déployer parmi les quarts d’heure civiques une éternité poétique. Ensemble, promouvons de l’air la liberté qui nourrit la ville, et de l’eau la propreté !

Quart d’heure céleste au-dessus du lycée fermé pour confinement,
pendant que le “Proxi’bus” reçoit des étincelles de sciure ailée.

2 Réponses de “Mulhouse : “ville du quart d’heure” poétique ?

  1. Honneur aux élagueurs qui nous enseignent deux vertus, en premier celle de se hisser, le coup de rein lumineux vers cette levée d’où l’on distingue autrement les en-bas de nos vies – et nous vient d’eux la simple, la merveilleusement simple, inarrêtable, ascension vers la lumière -, en second la vertu de l’émondage, de la taille de nos parts mortes, du fertile allègement des brindilles inessentielles. Oui, parfois il faut couper pour grandir, il faut ôter pour croître. Premier quart de nos résolutions pascales. Le second va aux fenêtres, à l’image de celles qui dans la ville s’ouvrent ou se fleurissent : soyons des hommes-fenêtres, pratiquons l’aération souveraine, posons au besoin des échelles vers les fenêtres de nos bien-aimés. Le tiers quart sera le quart poétique, le printemps des poètes, et son art de “lancer son pain sur la face des eaux” comme dit l’Ecclésiaste. Quant au quatrième quart, comme dans la chanson de Marlbrough, il ne porte rien, je veux dire : il ne porte que le secret de chacun, un peu de sa meilleure part toujours en amont de lui, toujours à chercher, espérer et chérir. Il a la grâce des narcisses pour appuyer nos vies.

  2. Merveilleuses fenêtres de l’avenue Aristide Briand ! L’artiste botaniste est-il/elle parti(e) pour le grand voyage de l’au-delà ? Ou a-t-il/elle déménagé, emportant ailleurs la beauté née de ses doigts et de son coeur ?
    Quant aux artistes volants, ils aiment le balancement des canopées, j’en suis sûre !

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