A la fin de cet été, la tour de l’Eur-Ope aura-t-elle une assez Large-Vue pour crever les nuages ?

Avec nos récoltes, sans nulle révolte, repartons en amont. Renfilons la blouse pour servir Mulhouse tout au long des saisons – dans la photosynthèse qui nous rince au lucide soleil du Petit Prince -, des couleurs à foison. Car de Mulhouse déborde la force qui réaccorde au tour d’horizon la tour d’oraison, à la maturité l’enfance, à la nécessité la chance immense d’inventer pour pouvoir inviter ceux qui chez elle accostent, cherchant refuge et poste.

Travaux de toiture à Mulhouse.

MULHOUSE, appareille AUTREMENT : chacune de tes cheminées épouse le ciel et le vent, hissant les vies acheminées jusqu’à toi vers leur toit !

Ville monde aux cent quarante nationalités – comme la définit la quatrième de couverture de Sept jours à Calais publié par l’éditeur mulhousien Médiapop en 2015 -, vagabonde et fière ouvrière de nouveauté, MULHOUSE s’est si peu faite ville-musée qu’elle garde l’humour, qu’elle reste enjouée, émerveillée comme une enfant mûrissant des commencements, dans une brise qui réalise inlassablement son rêve AUTREMENT. Depuis vingt-cinq ans, que de rajeunissements !

Mulhouse : brume d’été sur la première colline du Jura.

Il faut vivre la ville qu’on habite, qui vous porte si fort qu’elle palpite en votre cœur entre fraîcheur et flamme ardente, mais non violente.

Topologie bilingue dans un quartier mulhousien.

Il faut la respirer entre bois, toile et pierre.

Eté mulhousien ; la chapelle Saint-Jean.

Alors se desserre du métal froid le lierre…

Chaînon d’un parcours d’animation urbaine à Dornach.

Pour peu qu’on veuille ensemble démarrer, les outrages des ans sont réparés : les murs, les barrières, demeurent en arrière pour mieux s’effacer devant le passé, devant la rouge roue qui change en or nos boues.

Travaux d’été rue des Franciscains.

Il faut boire l’eau pure des canaux comme l’alliance fait briller l’anneau, comme le secret des mines se révèle et s’illumine à la surface par une fertilité plus catégorique même que la beauté.

Façade spirituelle rue des Franciscains : maison Loewenfels.

Sur ses échasses, le héron chasse l’ombre : la Ville du Moulin sait moudre les nuits en matin.

Le canal de l’Ill traverse la “Ville du Moulin” qu’est Mulhouse.

Alors sous sa poussée régresse le souffle de la sécheresse.

Mulhouse, entrée de la rue de l’Arsenal.

Des temps anciens le grès et le grain restent frais.

Rue des Franciscains, Cour de Lorraine.

Les Jardins éphémères tissent le service en précieux prémices : saint Etienne et la Réunion pleurent de joie sur les oignons !

Place de la Réunion : “Jardins éphémères” installés entre le temple Saint-Etienne et l’Hôtel de ville mulhousien.

Les machines imaginent que la société fuie la satiété…

Mobilier urbain mulhousien décoré par l’art des rues entre la rue Camille Flammarion et la rue Gutenberg.

Des roides parois tombent des paroles, telles que nos têtes presque s’envolent.

Mulhouse, près de la Galerie-Maison Engelmann : “l’Homme-Ange” ? L’humour en tout cas change la bête humaine en ange…

Est-ce que le diacre martyr est descendu pour nous ouvrir le ciel ? Saint Etienne, qu’à cela ne tienne ! Dessille nos yeux : nous agirons mieux.

Au pied du temple Saint-Etienne, ou lorsque l’école du regard décolle…

Nous croquerons la ville avec goût, en images et présages, sans nul coup, sans gloutonnerie vile : il nous faut protéger nos compagnons légers et fragiles, si graciles que nos parcs bandent l’arc pour que la mort ne nie plus aucune harmonie.

Zoom sur un écureuil de Pierrefontaine.

Certains perrons sortent tout ronds des histoires pourtant noires : il ne faut pas rester lové dans les coquilles de l’usure. Qu’il soit permis de rénover pour renouer avec l’aventure !

Façade sur la rue Thénard, partie gauche.

Voyez se détacher par deux d’humbles allégories : au feu du labeur, le temps s’humanise, entre eux les silences devisent.

Façade sur la rue Thénard, partie droite.

Parfois sur les Berges de l’Ill, on croirait voir gambader Till l’espiègle. Des mains anonymes, pour que les arbres moins s’abîment, ont crocheté des guêtres. Mais racheter les êtres se révèle AUTREMENT délicat : il faut la communion dans ce cas !

Mulhouse, près de la Maison des Berges.

Une commune peut y contribuer, à condition de consentir à suer comme le Travailleur au square du Tivoli près de la gare.

Fresque rénovée de Fernand d’Onofrio (2001), place Lucien Dreyfus : un  des “Athlètes” sur échasses prend à-bras-le-corps la statue du “Schweissdissi” ou Sueur (Frantz Beer, 1905).

Dès lors, quels beaux tableaux jaillissent en ruisseaux des rivières nourricières !

“Indomptables : histoires de rivières et de canaux dans la Ville du Moulin”, exposition de Céline Clanet.

De quoi marcher jusqu’au marché !

Un angle de la rue Thénard.

On l’appelle Canal couvert, mais il nous mène tout droit vers la transparence des échanges, pour que dans la ville tous mangent – moyennant un sourire avec un peu d’argent – le produit des trajets, du travail et des champs.

Marché de Mulhouse.

Le “Nouveau Bassin” non loin de là déroule d’autres actions de l’eau qui fidèlement coulent vers un avenir à faire advenir.

L’eau vive du Nouveau Bassin.

Sans transe ni poids, la danse de trois nous prend dans son anse : vers une autre Hanse ?

Nouveau Bassin de Mulhouse : “La Danse des trois” d’Alix Vonderweidt, 2005.

La jonque vient jouer, la conque veut louer.

“Nouveau Bassin” de Mulhouse : “La Jonque” de Vincente Blanchard, 2001.

Et le héron débarque en automne, tout heureux que le courant bourdonne.

Le même héron mulhousien, quelques encablures et semaines plus loin.

Les fonderies n’ont pas fondu : voici le pont bien suspendu.

Pont de la Fonderie.

Les usines ne cessent pas leur bruit de tendresse, même si leur appel s’est tu. Études et soins restent mus par la vibration des équipes, par la passion que rien ne fripe.

Rue de la Fonderie.

L’art des rues s’imprime pour quelques mois : transmettons donc le flambeau chaque fois.

Rue de la Fonderie, suite.

Car, “si l’on continue”, on verra comme Alice des portes apparaître au milieu des miroirs. Il suffit de sortir des trompeuses délices pour savoir enfin voir, donner et recevoir.

Rue de la Fonderie : Porte du Miroir.

Le fil de l’art textile ressuscite et fait renaître MULHOUSE AUTREMENT. Tous ensemble et chacun, nous avons des pépites à faire fructifier sans trahir leurs talents.

Création de Marie-Jo Gebel : boutique du Musée de l’Impression sur Etoffes.

2 Replies to “Mulhouse, autrement.

  1. Qu’ils sont beaux, descendus des Vosges, du Jura et de la Forêt-Noire, les pieds de la messagère récemment installée à Mulhouse et venue louer sa ville d’adoption. Car cette ville à la frontière de trois pays et de trois montagnes plus ou moins lointaines est, comme Calais, une plaque tournante. Ville qui fut germanique et comme venue de l’Est, mais par son tropisme francophile résolument tournée vers l’Ouest ; et pourtant y vivent en bonne intelligence ses deux langues maternelles: l’alsacien sous le français orne encore le nom des rues et nul ne nomme le fameux “Schweidissi” autrement que par la sueur de son vieux nom, dût l’art moderne athlétiquement s’en emparer ! Car la ville qui fut industrielle demeure industrieuse. La légende vit sur l’Ill qui la traverse, un moulin, et une belle meunière au coeur samaritain. Or l’Ill demeure, et ses hérons surpris, ses rives à balades et poésie où des artistes exposent tandis que des joggeurs s’y détendent les mollets. La place de La Réunion est aussi celle du saint prépondérant : cet Etienne qui donne à l’Alsace un jour férié supplémentaire mérite d’être célébré tant par les catholiques que par les protestants. Ah ce “toutakou” de la rémanence ! Dans les rues de la ville court toujours un amour, l’art nouveau et les fameux trompe-l’oeil voisinent avec les anciennes façades sculptées dont luit au soleil continental la belle pierre de taille. Le marché du Canal couvert demeure ce lieu où l’on parle autant arabe qu’alsacien et où s’achètent la menthe et le “buttemusse”. Le Zeppi sait dire “shoukran” et Mohammed rend sa monnaie en alsacien. Des anges, des éditeurs, des lions, des bassins, des étoffes, des fonderies, des couvreurs, d’anciennes chapelles devenues lieux de concert : tout bruit, tout croise, tout palpite sous la haute tour qui tourne et qui par ses baies vitrées offre sa large vue au visiteur qui s’élève – et la tour reçut le nom d’Europe. Jadis, à sa petite fille née sous l’enseigne de la rouge roue à aubes de Mulhouse, sa grand-mère offrit le repas de fête de son baccalauréat : la mention TB faisait rougir l’aïeule et le papa souriait en douce, lui que la ville avait une année nommé son prince des poètes. C’est ainsi que les hommes vivent quand, telle la rédactrice de Théâme, ils habitent en poètes la ville de leur résidence. Puisse Mulhouse l’Européenne avec autant de poésie habiter l’âme de tous ses résidents.

    1. Il faudra nous raconter, digne fille d’Yves Suriel prince de la poésie mulhousienne, la légende de la “belle meunière au coeur samaritain” dont naquit Mulhouse !

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