L’océan à Rabat, 2017.

Les palmiers se changent en lampes,   Mais au bord de la mer ils campent.

La Médina de Rabat, 2017.

Translucide, le béton   Au merci donne le ton.

Comme un saint suaire   Vibre l’estuaire.

Au son de la Médina, les couleurs   Vont au rythme des visages marcheurs.

La Casbah fleurit d’une brise azurée   Et la grâce ne reste pas emmurée.

Jamais à Rabat   Le vent n’en rabat,

Mais en symphonie   Diffuse la vie

Jusqu’au fin roulis du rossignol   Invisible, des trains sous le sol :

Déjà les façades   Semblent moins maussades.

Site archéologique romain de Sala Colonia, 2017.

La lampe s’éteint,   Le silence est plein

D’une autre aurore   Qui se colore.

Le matin  Est latin :

Les plantes   S’enchantent

De temps  Le sang.

“Le Nid familial”, 2017.

La peinture fraîche,   Plus fort que le prêche,

Accueille au « Nid famililal »   Par le mil au goût lilial.

L’araucaria ne se consume  Pas, mais le miel blond nous parfume.

L’église est un atelier   Pour prier et pour relier.

Il faut faire boire   À tous leur mémoire,

Puis dialoguer,   Ô gué, ô gué !

Sans ruines chemine   « L’harmonie divine »[1] :

Seul le respect   Scelle la paix.

L’onde se déroule

Autour des bateaux

Et la clarté coule

Pour porter nos mots

Sur la crête   Vers la fête.

Rien ne peut voiler  L’espace étoilé.

Après les îles et leurs rides   Azurées, une terre aride

Nous sourit : Viens et vis !

Les villes serties   D’ombres et d’orties,

Au lieu de se calciner,   Montent nous illuminer.

Des turbulences   Sur la Provence

Après le survol méditerranéen   Nous permettent l’accès européen.

Nous rentrons dans l’automne   Qui déborde, qui tonne,

Et dans des mois tout neufs,

Tels d’inconnus rivages

Déjà pleins comme un œuf

En vue d’autres visages.

Il ne faut pas vouloir en remontrer   Si l’impératif est de rencontrer,

Au gré des arrivées et des partances,   Des métissages qui sans cesse avancent.

Au hublot,   Les cristaux

De glace fondent   Afin qu’abonde

Le beau jour   Du retour.

Novembre 2017.

Aurore à Casablanca, 2017.

 

 

[1] Dans la bouche d’une responsable franciscaine, autre nom de la Providence comme ouvrière de rencontres.

 

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