Matin berbère, 2017.

Sur la sécheresse

Des monts

Bondit la tendresse

Des dons

Et la roselière  Balaie la poussière.

Avec le gîte et le couvert   Vinrent le rite et le concert.

Quand la lessive   Fête la rive,

« Prions ensemble pour qu’il y ait   Des lieux de prière et de paix ».

Tamaris et roseaux construisent   Des plafonds sûrs qui nous conduisent.

« J’ai tout fait, disait Mohamed, avec ma main. »

Est-il une meilleure compagnie   Quand on aime accueillir à la folie ?

Le coup d’œil même devient un levain.

Les étoffes dansent sur la roche,  Au vent l’eau tend bien grand sa poche,

Et l’écolière à midi  Court au soleil qui sourit

Tandis que les montagnes s’approchent.

Midelt, 2017.

L’accueil et le départ   Veillent en tout regard.

La prière   Est cuillère

Pour donner à manger,   Pour apprendre à changer.

Les chiens aboient, Danse la joie,

Et voici l’eau, Simple cadeau.

« La vie libre »   Marche et vibre,

Grand désir   D’Almazigh.

Les moineaux des moines   N’ont aucune avoine,

Mais rendent mignons   Même les moignons

Sur les murs en béance.  Sans nulle préséance,

Les couleurs   En douceur

Ne s’écroulent   Pas, mais roulent :

De la rencontre jaillit   Une étincelle qui vit.

À l’Esprit se mêlent   Des semences d’ailes.

À hauteur de roseaux   Chantent clair les oiseaux.

L’école   Rigole

De toutes ses couleurs,   Appelant au bonheur.

Sur les pas des ânes   Revivent les mânes

Et l’aurore vêt  Le sol d’un duvet.

Les dalles   Des salles

Nous précèdent en chemin :   Le salut surgit des mains.

Au pays des Pommes   Parlent coqs et Hommes

Libres, dans le vent   Poussant droit devant.

Avec le romarin, la potentille   Nous accompagne en silence et scintille

Au galop   Des ruisseaux.

Arrière-pays de Midelt, 2017.

Invisible est la main du service :   Elle sème de muettes délices.

Maroc intérieur,   Travailleur et rieur :

Au pas du matin, l’âne monte   Bravement à l’assaut des contes.

Salle franciscaine de lecture et de soutien, 2017.

« À l’œil »,   Le seuil

Prend la mesure   De l’aventure.

Du sol

Le marbre   Donne aux arbres

Leur envol.

 

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