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Brasserie des Haras, Strasbourg : media-cdn.tripadvisor.com .

Qu’on permette à Théâme, en l’honneur de Haras réhabilités, un philosophique hourra ! Ils ressuscitent et vous invitent…

Tenir ou mourir : cette devise de la guerre appelée grande nous redit le seul impératif qui commande, que les monuments traversent le temps par les souvenirs qui délivrent et pour l’avenir qui veut vivre. N’est-ce pas déjà le cas des Haras dont se métamorphosent à Strasbourg, chaque jour, les pierres crème et rose ? Lentement, les corps et les esprits harassés vont y boire l’instant prêt à débarrasser même l’encombrante vieillesse de sa pesanteur, dans la liesse.

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Façade au Faubourg de Pierre à Strasbourg, cliché Théâme.

Innover ou crever, telle est la gageure qui jamais ne jure avec le devoir humain : n’est-ce pas tenir en main le moyen d’accomplir sa promesse pour combattre et défaire les détresses, d’accompagner pour mieux soigner et d’offrir de belles surprises pour sortir ensemble des crises ?

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Brasserie des Haras, Strasbourg : julienbinz.com .

Ecoutons et goûtons en renouant avec des sagesses éternelles, en partageant une jeunesse fraternelle… Qui donc aurait cru qu’allier cuit et cru, boissons choisies avec exquise nourriture, matériaux naturels et pure architecture, nous rapprochât d’emblée de la philosophie la plus enfouie sous l’oubli, mais la plus jolie ?

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Au Palais Rohan, Strasbourg, cliché Théâme.

On en vient à penser que le carré magique inventé par Platon, barré pourtant par l’atroce piétinement des guerres, en déjouant les cercles vicieux, en humant les souffles des cieux, soudain revient au monde et réveille la terre. Enfuie, la vague odeur laissée par le fumier ; mais, ravivé, crisse le cristal du gravier, tandis qu’en ces lignes classiques s’égrènent de suaves musiques. Alors dans ces Haras s’accordent à nouveau – comme dans le dialogue de Socrate avec Gorgias où conscience et raison clairement se dilatent de manière à mener l’âme au bien comme au beau – le soin politique et les arts physiques. C’est donc à nous tous d’inventer comment faire cohabiter la médecine et la gastronomie dans la démocratie et l’harmonie ; par-delà les ruades du poulain bien nommé en grec Pôlos, Socrate nous apprend encore à maintenir pour ne pas mourir : soit “la monture toute fraîche, aiguë comme une flèche” (proposition de Théâme pour traduire Gorgias, 463 e) que peut être un jeune rhéteur en mal de sens et de vecteur – reflet des chevaux qui tournèrent en cortège dans la vaste salle claire de ce manège, soit de nobles constructions en cours de démolition, mais dont tout à coup les prestigieux vestiges libèrent de fières et vigoureuses tiges…

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L’arbre à sabots ou saveurs, Haras de Strasbourg, cdn-elle.ladmedia.fr .

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