Au Markstein, face au Grand Ballon : luge sur rails quatre saisons.

Sans attendre le déluge, l’été chevauche sa luge.

Markstein : chapelle Notre-Dame des Neiges.

La chapelle renaît parmi les hêtres morts : car, entre les âges et les rivages, comme saint Paul prit son envol après avoir formé des équipages, la verdure escalade encore vers le port.

Tremblante sculpture extérieure en bois natif à l’orient de Notre-Dame des Neiges.

La frêle statue haute de Marie frémit, mais le bois se fend sur la vie.

Au pied du Grand Ballon, depuis la ferme-auberge du Haag.

Jamais en rade ne reste l’art : sur le troupeau, la croix, le radar du Grand Ballon veille parmi les merveilles.

Croix datée de 1911, entre le Grand Ballon et le Haag.

La forêt rougeoie en haut des vallons, deux grands bras se fendillent sur le tronc. Mais la sève tient bon pour l’espérance : entre grottes et torrents, l’air s’élance afin que l’arbre avec le roc danse éternellement un rock de silence et d’essences. Or Simon devint Pierre sous le don de lumière…

En contre-bas du Grand Ballon, l’alliance entre granit et tronc.

Regardons ondoyer les vagues de nos monts, élargissons nos VUES pour EurOPE et ses mues : sentez les myrtilles parfumer l’horizon.

Enseigne du Haag.

Une charpente gravit les pentes : que nos pas ni le bois ne soient plus aux abois.

Chantier en cours au Markstein.

2 Replies to “Lorsque le bois semble aux abois…

  1. Un billet aussi rauque que l’aboi du chevreuil entre les arbres de la forêt profonde, car on y entend la plainte des fayards en train de perdre sève et lueur et de mourir au milieu de leurs frères menacés de contagion, comme nous l’avons été… On voudrait confier les forêts de nos chères Vosges à Notre-Dame du chêne ou Notre-Dame des neiges… Y aura-t-il un cycle de résurgence, semblable à celui qui fit du bois mort de la croix le bois vivant de l’arbre de vie et de résurrection ? Faut-il mourir pour mieux renaître, connaître le déluge pour être renouvelé ? Les hommes pourront-ils se porter au secours des arbres comme, si souvent, les arbres et les forêts, en cas de catastrophe, furent leur unique recours ? On songe à la Forêt des 29, cette histoire vraie contée par Iréne Frain où pour des arbres des hommes furent sacrifiés. On songe à l’ARBRE-MONDE de Richard Powers, superbe roman-plaidoyer pour les arbres. Or “le livre nait de arbre et du livre naît l’homme”, disait le poète Yves Suriel : premier alexandrin d’un sonnet consacré à cette essentielle trinité L’ARBRE, LE LIVRE et L’HOMME. Alors prions pour qu’entre les luges qui ne sont plus de bois et les myrtilles qu’on ne cueille plus guère à la la main, sur les ballons de nos montagnes préférées, ne soient pas perdues nos forêts.

    1. Combien tu as raison, chère lectrice-commentatrice ! Ton père Thierry, le poète Suriel, ajoutait : “Le livre naît de l’homme et l’homme naît du livre”…
      Or “le livre” en latin dérive du nom de “l’écorce” qui servit d’abord de support d’écriture, de même que “le code” est issu d’un autre nom latin de l’écorce, désignant également le tronc et la barque…
      De la même manière intuitive, universelle, en allemand le hêtre se dit précisément “Buche”, et de son écorce naquit aussi selon cette langue le livre : “Buch” ! Enfin, quelle harmonie de sens et de son relie en français le hêtre à l’être ! J’ajouterais que le terme grec transcrit en BIBLOS n’a désigné le livre qu’en découlant de l’appellation d’un papyrus utilisé, précisément par les marins de Byblos, pour tracer les premiers caractères d’écriture simples et limpides : l’alphabet phénicien, comme est Phénicienne Europe, enlevée par un ALEPH (nom du taureau, puis de la lettre A) fort tel le navire également jailli du génie phénicien : ainsi put surgir lentement, réellement, vivement – il y a plus de 3 000 ans -, l’Europe, tissée par les communications maritimes autant qu’écrites pour incarner et transmettre durablement ce qui déLIVRE…

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