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Nous comptions des amis jusqu’au Royaume-Uni, à travers la belle campagne belge comme au bout de l’Allemagne. Mais il y a cinquante ans régnait le noir et blanc…

“La grande fête sportive annuelle

Favorisée par le beau temps, la fête sportive scolaire annuelle des écoles primaires de Strasbourg, qui a lieu au stade de la Meinau, remporte « un très grand succès ». Près de 2 700 élèves participent à cette manifestation. 550 garçons de 7 à 8 ans imitent une promenade à travers la campagne, 650 petites filles jouent aux cerceaux et lancent des banderoles multicolores sur un air de Mozart, 700 garçons interprètent une romance de Mendelssohn et 760 grandes filles se produisent en mosaïque sur une musique folklorique. Une coupe d’athlétisme comportant des courses et des épreuves de saut en hauteur et de lancement de poids est disputée entre les diverses écoles, avant la clôture par le chant de l’Ode à la Joie de Beethoven sur un poème de Schiller – ce n’est pas encore officiellement l’hymne européen – et une parade par la totalité des 2 700 participants.” (Bernard Vogler évoquant le mois de juin 1963 dans les DNA du 2 juin 2013.)

L’Europe entonnait encore de l’espérance l’aurore… Il fallut attendre l’amitié dans les cœurs et la liberté plus forte que l’esclavage pour fendre enfin les murs, la haine et les clivages, pour que s’allument le courage et les couleurs.

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Avec celle de Bernard Vogler, une autre plume ailée bat, ces jours-ci, le rappel tout en décrivant, avec une clarté rayonnante, un vitrail qui mérite d’être connu ; près de 50 ans après sa pose, il s’est inscrit dans le sillage visuel et spirituel de la verrière offerte par le même Conseil de l’Europe et créée par Max Ingrand pour le chœur de la cathédrale de Strasbourg.

Cyrille et Méthode à l’honneur dans une Grand’ Messe. – Les deux  futurs saints vénérés à l’égal des apôtres dans l’Eglise orthodoxe – des frères, l’un moine , l’autre évêque, originaires de Thessalonique – ont été envoyés en 863 en Grande-Moravie par le patriarche de Constantinople pour évangéliser les peuples slaves. Il y a donc 1150 ans. C’est l’opportunité de cet anniversaire que saisissent les représentations permanentes auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg (CE ou Europe des 47) de la République tchèque et de la République slovaque – toutes deux issues de la médiévale «Grande-Moravie» – pour inviter le public et particulièrement tout le monde diplomatique en poste à Strasbourg à une célébration fastueuse avec un chœur de Prague en la cathédrale de Strasbourg, «dans un esprit de fraternité et de partage», dit un communiqué.

La Mission permanente du Saint-Siège (le Vatican) auprès du Conseil orchestre le tout en coopération avec les autorités du diocèse. Le 18 juin à 18 h 30, l’archevêque de Strasbourg avec le cardinal-archevêque de Prague et Mgr Aldo Giordano, observateur permanent du Vatican, célébreront donc cette Grand’Messe dans la capitale européenne. Le pape Jean-Paul II, lors d’une visite au Conseil de l’Europe, avait employé une formule qui prenait tout son sens dans la bouche de ce Polonais de la Mittel-Europa : l’Europe a deux poumons, l’un à l’Est et l’autre à l’ouest. Il s’agissait bien sûr de l’aspect religieux qu’il voulait aussi comme base de deux cultures semblables, fraternelles, mais différentes.

Le vitrail (notre illustration), très pédagogique et d’une sobre élégance, se trouve dans la petite chapelle au sous-sol de la représentation permanente où Jean-Paul II a prié pour l’Europe et le Monde. C’est un lieu assez confidentiel dont nous vous faisons profiter ici. Il offre les silhouettes de 7 personnages, patrons de l’Europe : Cyrille et Méthode au milieu, ensemble ; Benoît de Murcie (ou de Nursie) au centre en haut, et trois femmes. Jean-Paul II a voulu associer ces trois saintes pour «souligner le rôle que les femmes ont joué et continuent de jouer dans l’histoire ecclésiale et civile» : Catherine de Sienne en haut à gauche, Brigitte de Suède en haut à droite et, en bas à gauche, Thérèse de la Croix (Edith Stein). Cette dernière mérite une attention particulière ; car, née juive, cette philosophe s’est faite carmélite sans jamais avoir renoncé à sa judéité. Elle est cependant morte à Auschwitz et a été canonisée en 1999. On remarquera que les étoiles jaunes du drapeau européen sont réparties par deux sur chaque personnage. Vous en repérerez facilement une treizième, sans couleur, c’est l’étoile de David… sur le cœur d’Edith.

On reconnaîtra aussi, peut-être, en bas à droite la silhouette du pape Wojtyla, placée là comme une signature, l’œuvre étant anonyme.” (Antoine Spohr, Eurojournal du 1er juin 2013.)

En ce dimanche de la Fête-Dieu où le ciel redevient enfin radieux, Théâme s’est fait une joie de citer ces deux articles, d’emprunter leur illustration et d’y ajouter des liens documentaires.

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On le sait, les âmes amies en travaillant ensemble prient… Combien il faut encore de couleurs pour combattre des guerres la douleur, surtout si l’on est un récipiendaire tout récent du Prix Nobel de la Paix ! Il demande – il donne – des projets solidaires à l’Europe qui, sans fin, de ses échecs naît, depuis le Levant et trois millénaires…

One Reply to “L’Europe des amis a pris des couleurs.”

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