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Eglise de la Très Sainte Trinité à Fátima : Vierge de l’Annonciation et Christ saisissant, cliché Théâme.

Qu’avancent nos tentes tantôt grelottantes, tantôt sanglotantes, parfois jubilantes. Reprenons les routes de la mer qui brillait entre les voiles des deux billets précédents : c’est l’heure de lever l’ancre comme Europe, comme le peuple portugais, comme enfin les galions d’autrefois qui découvrent toujours d’autres voies grâce à leurs capitaines, tels des troupeaux conduits au-dessus des gouffres par de bons pasteurs…

3. La tendresse de la Bergère

EUROPORTUGALION

4 juillet 2014 en la fête d’Elisabeth du Portugal.

 

Hommage à toi  Qui vas et crois,

Peuple du liège[1],

Plutôt galion  Libre que lion,

Sur la mer, ton seul siège,

Tu te portes, Portugais,   Volontaire pour les guets.

Peuple des cierges,   Ces flûtes vierges,

Ton cœur cordial est cortugais  Pour porter de Marie la paix.

Ô peuple d’infinies  Offrandes à Marie,

Vers l’aurore, Ortugais,  Tu nous portes plus gais.

Le crachin peut-être  Tombe à nos fenêtres,

Mais « le soleil va prier »,   Les cœurs se réconcilier.

A Fátima respirent la confiance  Souriante pour l’Europe et l’alliance,

Responsables du monde entier.   Comme on foule un raisin à cent pieds,

Les mains se serrent, servent et prient

Par une humble douceur  De frères et de sœurs.

Dans les bras de Marie,

EUROPE ET PORTUGAL, en GALION  Comme à pied, il faut que nous allions

Sur des eaux assainies

Qui circulent en rond,

A la mode lusitanienne,  Ludique autant que musicienne,

Sous le vent pour nos bonds.

Suivons donc les courses de taureaux portugaises :  Avec les jeux crétois, elles renouent à l’aise,

Grâce aux huit forcados[2] qui contournent la mort. L’un caresse la bête à l’encolure alors

Qu’un autre tient sa queue en l’enduisant de sable  Pour indiquer l’instant délicat, désirable,

De la libération : car déjà le taureau   Se tourne vers la porte où l’attirent les vaches

–       Plus douces que les haches  De Minos aux bateaux[3] !

D’un aéroport à l’autre  Se trouvent d’autres apôtres :

Une mère allaitant son nourrisson,  Un prêtre pardonnant pour l’unisson.

Et partout nos tentes  Voguent haletantes

Des champs  Aux chants,

Vers leur chère Bergère  Attentive et légère.

 

[1] La culture et l’exploitation du chêne-liège tiennent la première place économique au Portugal.

[2] Jeunes gens immobilisant le taureau à mains nues, comme dans la célèbre voltige minoenne de Cnossos.

[3] Minos est le nom du fils d’Europe, puis sans doute de ses successeurs : à partir du deuxième millénaire avant l’ère chrétienne, ces rois crétois auraient maîtrisé, puis rapidement diffusé jusqu’aux extrémités du bassin méditerranéen, l’art alphabétique avec les techniques nautiques.

 

2 Replies to “Les tentes de la Bergère, 3.

  1. Théâme elle-même a reçu la grâce de glaner ces humbles lignes et billets sur les chemins ensoleillés de l’Estrémadure, malgré les vents puissants venus de l’océan. Car, nous le savons, la foi nous apporte moins de secours qu’elle ne nous en demande pour ce monde en souffrance. De fait, l’esplanade des sanctuaires à Fátima nous a paru formidablement actuelle : par la jeunesse qui s’y presse, par la solidarité internationale qui s’y exprime, par l’art contemporain et serein qui s’y multiplie. Allez-y !

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