Disons-le tout net : cet insolent accord de Platon au pluriel a de quoi scandaliser ! La figure la plus monumentale de la philosophie, qui montre la lumière parmi les pierres au lieu d’être un arbre cachant la forêt, ne saurait faire ses petits ni galvauder son nom deux mille cinq cents ans plus tard. Et pourtant…

Avec Les petits Platons, c’en est fait et c’est fait : l’on peut bel et bien voyager depuis la Chine du VIe siècle avant notre ère et de Lao-Tseu, avec les enfants de tous les temps, jusqu’au “oui” qu’a lancé de nos jours Paul Ricœur en passant par Socrate dans tous ses états !

Voyez justement Socrate ouvrir tout grand les yeux de l’âme à la liberté de la vérité, même dans l’esprit des petits qui grandissent à vue d’œil juste en tournant ces pages magiques sur le seuil de la grande aventure initiée par la lecture.

D’ailleurs, dans la langue de Socrate qu’est le grec ancien toujours présent dans nos langages plus ou moins savants, non seulement le savoir et l’idée sont de la même famille que la vision ou l’image, mais de plus la lecture signifie reprendre connaissance ! Reprenons donc ensemble de ce breuvage frais et vrai, de pensées et d’histoire(s), de jolis dessins et de rires sains : il réveille l’esprit d’enfance et nous fait revisiter les écritures du monde comme des musiques pures et des symphonies toujours en cours.

Dès lors, Paul Ricœur, accompagné par la vieille chouette d’Athéna plus vive qu’une alouette, loin de nos rancœurs, est parmi nous et joue, dans le grand ciel clair et pluriel, en dissipant nos moues, tandis que chaque son s’offre aux petits Platons : “Il voudrait juste penser la gratitude, oui, dire simplement merci d’exister”.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *