Coucher de soleil rosissant la ligne bleue des Vosges : carte postale illustrée par un cliché de Thomas Itty.

On dirait l’air et l’eau purs de Mulhouse portés par deux ailes, les Hautes Vosges et le petit Rebberg. Or au sommet de celui-ci courent non plus des vignes, mais des cris clairs qui réveillent, tel un mystérieux chant céleste et souverain, l’oreille de la ville toujours industrieuse.

Zoo de Mulhouse : chouette harfang.

Derrière sa vitre palpite, attend, la tendre blancheur de la chouette harfang.

Une cage sans servage ?

Rassurée par la présence fraternelle, sans s’affoler ni s’envoler, elle apprivoise la cage avec l’échelle !

Lever de soleil mulhousien sur la Forêt-Noire.

Quelle aile sous-tend l’aurore et le vent ?

Mulhouse, Bel-Air.

Pour que les enfants mieux regardent, les murs gentiment se lézardent de papillons et de visions.

“Je reste ici”, de Marco Balzano, traduit de l’italien par Nathalie Bauer ; cliché de Shutterstock pour la première de couverture.

Paradoxalement, un livre même triste et noir vous dégage d’une inhumaine immobilité par la plume de la liberté :

JE RESTE ICI (2018, collection de poche 10-18 en 2019). Après la première partie intitulée LES ANNÉES, l’auteur fait écrire sur elle à son personnage féminin appartenant au Haut-Adige – surtout par les guerres déchiré entre deux puissances et deux langues :

“Je crois que ce cahier m’a sauvée de l’inertie de la guerre.” (Deuxième partie, FUIR, chapitre 13),

puis à propos de son mari Erich : “Je ne savais pas qu’il dessinait. Je ne savais rien de ce cahier, caché derrière les chaussettes.” (troisième partie, L’EAU, ch. 5)

Les dernières lignes de ce roman historique sont intemporelles comme les battements des doigts graphistes, joliment encrés, doucement ancrés, ou le souffle de l’âme qui résiste :

“Il n’y a qu’une seule direction possible, comme disait Ma : aller de l’avant. Sinon Dieu nous aurait fait des yeux sur le côté. Comme aux poissons.”

Mulhouse, Théâtre Poche-Ruelle : décor du “Visiteur“.

Alors, par le battant d’une fenêtre, l’essor peut venir, frémir et renaître.

Théâtre Poche-Ruelle, salut des acteurs du “Visiteur” jouant cette saison la pièce à succès d’Eric-Emmanuel Schmitt : de gauche à droite, Jean-Marie Meshaka (metteur en scène), Guillaume Ducottet, Michèle Bund et Jérémy Benoin.

Il suffit de prêter au secret “Visiteur” une parole juste, une écoute moins fruste, pour que l’acteur accède à la joie de l’Auteur.

Mulhouse : chapelle de semaine dans l’église Saint-François d’Assise.

Sous les ailes mulhousiennes tremble une souche musicienne, jusqu’à mûrir une éclosion résistant à l’érosion.

Capture d’écran : une scène du film “Donne-moi des ailes” de Nicolas Vanier, où père et fils naissent à la relation comme au monde… en suivant réellement Nils Holgersson.

“Donne-nous des ailes”, terre aux mains fidèles, pour incliner, puis tourner, finalement pour sauver, les oies sauvages et les rouages !

Mulhouse, place de la Concorde…

Place de la Concorde, voyez les pavés se changer en foyer. Tout près, le sens interdit lui-même, à bout de bras, décolle moins blême !

Au pied de Saint-Joseph de Mulhouse, dans la Cité.

 

One Reply to “Les ailes de Mulhouse.”

  1. Entre la chouette d’Athéna qui incline à la sagesse et les oies sauvages de Nils Holgerson qui rêvent de voyages, notre désir d’ailes prend ici sa volette. Le saint qui parlait aux oiseaux a son église à Mulhouse. Quant au “Visiteur” (qui n’attendrait d’être visité?), Eric-Emmanuel lui prêta sa plume, la Poche-Ruelle la met en voix et visages. Une intimité y reçoit des couleurs tel un pennage bariolé et chaud. Tandis que s’embrase de pourpre splendeur l’horizon de Mulhouse, une tour verticale jaillit des eaux et une femme déclare sa décision de rester. Il faudra lire le livre pour comprendre la force de cet inaliénable voeu. Tantôt voler, tantôt rester, voici les deux infinis de notre liberté.

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