Film de Thierry Demaizière et d’Alban Teurlai : https://www.ugc.fr/film.html?id=12911

Il fallait sans doute cette main marquée d’alliance et de souffrance pour annoncer discrètement un documentaire sur Lourdes : bruissant d’impalpables échanges entre pierre et tendresse, entre invisible et lumière, entre misère et musique. Parfois, l’écran de cinéma perce ainsi les murailles du désespoir ou du blasphème comme l’aube relaie le soir, comme la retraite aux flambeaux respire plus clair et plus haut.

Combien de familles connurent l’exode vers la grotte de Massabielle, dans la résistance à l’inhumain, à l’invasion, à l’intolérable ! Toujours l’enfance, aussi vulnérable que fraternelle, sert de guide, de révélateur, de libérateur : Bernadette à Lourdes allège à jamais les peines du pèlerinage, de la maladie ou de la débâcle, en ouvrant le tabernacle, puis la porte du miracle, par des paumes doucement soignantes, humblement aidantes, chaudement priantes, par une écoute qui chante. Si Jean Vanier vient de quitter la terre, les cris de douleur, d’amour et de guerre, il semble ici que sa bonté souriante, agissante, soit revenue nous visiter.

Comme un saint kaléidoscope.

Lorsque opère la légère grâce de Lourdes, le mystère touche même des réalisateurs : nul besoin de comprendre pour faire deviner. Sous la pluie de ce 8 mai, par la sortie nationale d’un documentaire, le mois de Marie devient un bassin d’eau salutaire pour les foules sanglotant dans le noir, pour les salles obscures ruisselant soudain d’une source invraisemblablement pure.

Quand la matière devient écrin, infirmière et matin.

 

 

 

 

2 Replies to “La légère grâce de Lourdes.

  1. Près de Massabielle à Lourdes, Théâme a pris cette main qui nous invite à écouter ce qui bat au cœur des pèlerins. Notre-Dame de Lourdes n’est pas en feu, Notre Dame de Lourdes devient la toute-proche, elle devient Marie d’espérance : on y apporte des larmes, on en revient en chansons. “Ô Dame évanouie servante de hasard les lumières se rendent où l’affamé les voit”, priait Char, l’incroyant, s’adressant à Notre Dame de Lumières… Or voici que la servante à la statue de pacotille devient dame de lumière, devient l’écoutille d’un monde en mal de tendresse. Marie, passe devant ! Marie, passe-nous la courroie de sable de ta ceinture de ciel ! Toi, blanchis nos ferveurs! Et toute rougeur belliqueuse deviendra comme neige. Marie, protège l’Europe des démons de discorde et désunion. Marie, passe devant!

    1. Merci à l’amie Anne, maternelle et fraternelle servante – chez elle et partout, par le travail, la poésie, la pédagogie – de Marie d’Espérance !

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