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Pour son 220e billet, Théâme voudrait mettre à l’honneur, d’un souriant geste enfantin, quelques voyageurs.

Qu’Europe marche en tête pour être dans les têtes comme elle le mérite, malgré ou de par son mystère :  quand elle quitta – tant volontiers qu’à contre-cœur – son rivage phénicien, le voyage donna doublement du sens à son nom. Car elle qui s’appelait encore Couchant vit, couchée sur sa monture mi-séduisante, mi-effrayante, en tout cas puissante, se lever à l’Occident des vagues, puis une île, un nouveau monde qui, tout en prononçant à sa manière les syllabes d’EurOpe, produirait à profusion, au rythme des techniques nautiques et de l’art alphabétique introduits avec elle, le sens de Large-Vue et l’essor grec d’abord, ensuite européen… Le voyage crée des sens.

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Comme, avec saint Augustin, le proclame avec éclat, mais sans bruit, le parvis Notre-Dame à Paris pour son 850e anniversaire évoqué déjà par Théâme, VIA VIATORES QVAERIT : c’est la voie qui est en quête de voyageurs, qui les suscite sur le sol de la vérité, pour l’amour de la vie et pour la vie de l’amour. Dès lors, l’envol et l’élan sont possibles et durables, contagieux et constructifs… Le voyage recrée la direction.

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Parfois même, les rétrospectives se changent en anticipations prospectives : “les jeunes de foi” sont revenus des Journées passées au Nouveau Monde avec des brassées de grâces brésiliennes pour leurs paroisses ancrées dans l’Europe de longue mémoire. Entre-temps, l’enfant de leur amie actrice qui avait joué, lors du lancement de ce pèlerinage, les futures mères de l’Alliance était né : ils lui ont présenté leurs fleurs de “précarité”, leurs bouquets de partages et les gouttes de l'”huile” offerte chaque jour par la “Providence”… Le voyage inspire la réalité.

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Du reste, il n’est pas toujours nécessaire de bouger pour voyager vers l’Orient ou vers l’Occident : l’esprit sait déployer ses ailes tel un aigle tutoyant le soleil et s’orienter. Mais la condition à remplir est qu’il porte le corps – que ce dernier soit immobile ou qu’il chemine – à la bonne hauteur pour lui faire humer des sentiers, humaniser des forêts et des foules, cultiver le jardin de ses rencontres… Il vous suffirait pour vous en convaincre ou pour vous en réjouir de suivre ce lien : http://www.baldeaglesflying.com/japan-without-a-plan/

Ainsi, le voyage crée des équipages en voyant plus large, en quittant les marges, en allant plus loin que de froids besoins : des synthèses à la braise, depuis la générosité jusqu’à l’accord des libertés.

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