La Bourgogne par Rémi Léandre, avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Parfois les feuilles des vendanges se transforment en un vent d’anges, en réveil de soleil, et l’herbe en verbe. Alors prend corps dans les pages des ouvrages, du plus profond de la déréliction même, le cri de la bénédiction. En noir et blanc, nos villes se tendent vers l’éclat de rire, plus agiles : car soudain leur cœur bat, sous les larmes qui dansent un pacte d’espérance.

https://worldandwide.wordpress.com/2014/12/18/qablf-quallah-benisse-la-france  –  BA Qu’Allah bénisse la France.

« Le monde est petit – Mais Dieu est grand ! » Le dialogue saurait casser en deux les plus rigides bogues : les herbes que mord la pulsion de mort cèdent ainsi la place au temps comme à l’espace. Il faut tout tenter grâce à la bonté, à la ruse qui s’amuse, au feu du jeu, jusqu’à ce que la vie chasse la jalousie et que la jeunesse prenne la mer loin, très loin des ressentiments amers.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-253530/photos/detail/?cmediafile=21454861 – BA  Mauvaises herbes.

« La Source cachée« , dit la couverture du livre ouvert sous la poreuse armure du Sans-Domicile-Fixe, jeune mendiant sur le noir trottoir, sur des genoux vacillants. Lorsque l’eau fraîche nous échappe, le cruel exil nous rattrape. Car, écrivait Bernanos au Brésil, « Ce n’est pas la servitude qui fait les esclaves, c’est l’acceptation de la servitude, c’est d’y conformer sa vie au point d’y trouver ses aises et, finalement, de l’ignorer. »

http://les-scala.ch/fr/archives?dDate=2016-12-28%2000:00:00&filmID=163299  –  BA Stefan Zweig – Adieu l’Europe.

Oui, l’Europe est notre « patrie spirituelle » : ARTE VEILLE et l’ART T’ÉVEILLE. La série de science-fiction « Ad Vitam »… le prouve également : froide réflexion sur la mort et la naissance également repoussées. Les personnages convoquent la culture européenne dans les échos de leur nom : Caron, Christa, Virgil. Certains, comme Jean le baptiste, disent simplement « crier dans le désert » la vérité, mais saisir que dans ce monde aseptisé « tout est vanité« , même le suicide. Alors, comme d’autres fuient leur continent sans craindre le naufrage, ces jeunes gens s’en vont gagner d’autres rivages…

http://cineteleweb.blogspot.com/2017/09/ad-vitam.html  –  BA Ad Vitam

L’Europe est-elle en chantier ? Est-elle plutôt en friche ? Regardez-y les biches s’enfuir sur les sentiers. Qu’elle soit en entier un palais, juste assez riche pour enfin mieux Ouvrir nos Yeux, comme le dit le nom d’EurOpe qui du soir au matin galope, mais qui bâtit la maison tout au long de l’horizon !

Comensha prend racine devant les grues des travaux réhabilitant à Strasbourg le Palais de l’Europe, siège du Conseil de l’Europe.

Le Verbe en herbe veut prendre chair sous le ciel clair, sur notre terre, contre les guerres menées même en secret. Plus fort parle la paix, pour peu que notre écoute lui creuse et fraie la route.

Strasbourg, exposition de Comensha sur l’avenue de l’Europe… forcément bienvenue, puisqu’elle est notre « maison commune« .

 

2 Replies to “Le Verbe en herbe.

  1. Très poétique union de verbe et d’herbe, qui fait écho à d’autres compagnons en images et poèmes : ainsi un livre commun de la photographe Françoise Saur et de l’écrivain Claudie Hunzniger, portant le titre V’HERBE. Oui il arrive que le Verbe fait chair se fasse HERBE et ce tiers médian entre Verbe et Chair rappelle Isaïe : « Toute CHAIR est comme l’HERBE ». L’herbe sèche, la fleur fane, mais le VERBE de notre Dieu demeure toujours : Isaïe 40, 8. Et Théâme se fait écho de ce v’herbe de notre Dieu, Verbe en chair et en herbe, comme le blé d’abord en herbe dont on fait le pain avec le grain, et ce pain redevient chair de celui qui est le VERBE.
    Théâme eucharistique commence avec les feuilles de vignes dans l’or bourguignon, continue avec des films qui en donnent des images et des souffles, Allah n’est-il pas un autre nom pour YHWH ? Il ne faut pas seulement désherber, il faut aussi bénir et remettre à Dieu la France, et même l’Europe et à travers elle le monde. Je retrouve aussi chez Char les plus rêveuses des herbes :
    « Jadis à l’heure où les routes et la terre s’accordaient dans leur déclin, les cavaliers du jour naissaient au regard de leur amour et les châteaux de leur bien-aimées comptaient autant de fenêtres que l’abîme porte d’orages légers. »
    « Jadis l’herbe connaissait mille devises qui ne se contrariaient pas. Elle était la providence des visages baignés de larmes. Elle incantait les animaux, donnait asile à l’erreur. Son étendue était comparable au ciel qui a vaincu la peur du Temps et allégé la douleur.  »
    « Jadis l’herbe était bonne au fou et hostile au bourreau. Elle convolait avec le seuil de toujours. Les jeux qu’elle inventait, jeux absous et également fugitifs, avaient des ailes à leur sourire. Elle n’était dure pour aucun de ceux qui, perdant leur chemin, souhaitent le perdre à jamais. »
    Tel Zweig qui, ayant perdu l’Europe, perdit son chemin de vie. Mais de certains visages seuls les yeux nous saluent : avec d’autant plus d’intensité nous croyons qu’en eux la terre se regroupe, et que des herbes qui soient des simples, des herbes bonnes, aux sages et aux fous, peuvent repousser, pour prendre soin de la France, de l’Europe, du monde.

    1. Oui, traitons le mieux possible, de tous nos yeux et de tout notre coeur, l’intraitable, l’intolérable, traite des êtres humains stigmatisée par l’exposition sur herbe de Comensha. Quant à l’aventure de « V’Herbe » menée il y a quelque temps par Françoise Saur (http://www.francoise-saur.com/) et Claudie Hunzinger (http://www.claudie-hunzinger.com/), elle se prolongera prochainement à la galerie Bamberger de Strasbourg par les « Icônes » de Claudie Hunzinger : http://galerie-bamberger.com/fr/expositions/icones-claudie-hunzinger-anne-marie-klenes/.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *