Mulhouse, Porte du Miroir.

Le rond-point du Miroir nous donne plus à voir qu’un conseiller des grâces : au soir, suivez les traces qui vous font accoster près de la vérité.

Fondation François Schneider à Wattwiller : plafond formé de vagues en feuilles agrafées de papier.

Dans le royaume des sources parfois s’arrêtaient nos courses, non pour se refléter dans l’onde profonde, mais pour mieux s’affréter.

Fondation François Schneider : Pol Bury, Dix-sept sphères dans une sphère, 1995.

Traversons donc l’eau dessinée jusqu’à la terre métissée qui tourne à la force d’un doux poignet, comme si sans se lasser il soignait des flétrissures et nos blessures.

Wesserling, Jardins métissés : Jardins poétiques.

Dès lors, le travail astique un vitrail sans le savoir : la sève réalise les rêves les plus fous. Jusqu’au bout s’étale la voile en pétales et les divers métiers continuent de tisser, sur la houle pour la foule, les fils de l’esprit que le temps ne peut tasser.

Les jardiniers de Wesserling à l’oeuvre dans le royaume de la Petite Poucette.

Quand l’arbre sécrète sa chlorophylle, tout comme un décor gagne un nouveau bord, un autre bienfait sur nous coule et file : l’âme est ce souffle frais bu dans l’ombre à longs traits.

Le vieil arbre bouge mieux qu’un rideau rouge…

La crise sanitaire sèvre de théâtre nos mains, nos lèvres…

Affiche des Tréteaux de Haute-Alsace pour les représentations de l’été 2020 exceptionnellement à Mulhouse : spectacle monté par Cathy Aulard et André Leroy
après beaucoup de réflexion, en 15 jours, dans l’urgence et la passion.

Mais soudain l’école renaît : la Cour de Lorraine se fait conque de théâtre antique sous le firmament magique pour que de jeunes clins d’œil éteignent déclins et deuils.

Paul Arnold au piano.

Toute scène est la veine d’une contemplation par l’alchimie théâtrale, par ses mues paradoxales : calme navigation vers les intérieures merveilles qui se révèlent et réveillent, vers un impossible accord qui pourtant prend son essor.

Charlot dans Limelight : Cédric Aria et Paul Arnold lui donnent leur musique et leur voix.

Alors le chœur ouvre son cœur, et l’âme l’acclame, neuve comme au premier matin, déterminée comme un marin, relationnelle et personnelle.

Tréteaux de Haute-Alsace à Mulhouse, été 2020 : salut sous la lune.

Les acteurs et metteurs en scène en germes nous changent : ferme, la nuit est puits d’humbles étincelles qui giclent, ruissellent…

Michel Spaehnlehauer avec le modeste et génial André Leroy.

Il faut crever le plafond de papier, sans doute, pour du même se délier, pour que s’égaie ce qui bégaie. Car le théâtre et l’âme vont de pair pour approcher ensemble un ciel plus clair.

Arc-en-ciel de ce matin sur Mulhouse, entre l’aurore et l’orage.

One Reply to “Le théâtre e(s)t l’âme.”

  1. Quel vrai Clin Dieu, que nous fait le petit dieu du théâtre et des Tréteaux de Haute-Alsace, et combien bénie cette cour de Lorraine-en-Alsace, une cour dont le roi-saltimbanque s’appelle Leroy. Voici ressuscitée cette dynamique du provisoire qui va bien avec l’été et ses tréteaux sous les étoiles… sans déclin et qui clignent aux cieux. Quant aux jardins du jour et de Wesserling, ils évoquent le Jardinier qui dans nos vies souvent passe incognito… Chut, il passe, il est là, il a passé, fragile comme une fleur de l’été tôt déclose, tôt effeuillée… ne laissant qu’un reflet dans le miroir de nos âmes. Ainsi très lentement tourne sur ses gonds la porte du miroir, une porte donnant sur nos tréfonds??? par voie de pétales et d’éphémères floraisons ? Alors se lève l’arc-en ciel-plus vertical, plus ascensionnel que jamais, offert à nos âmes à gueules d’aurore comme un cantique des montées. Quand tant de choses semblent en cours de chute, avec Théâme levons nos yeux, qui peut-être vont cligner ; passons à travers le miroir, arpentons d’éternels jardins et… montons, montons !!!

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