Quelle joie de voir refleurir les souvenirs et rejaillir à la Baudelaire “le vert paradis des amours” estudiantines sur un campus embelli, rasséréné, digne enfin de sa noble appellation : université ! Celle-ci ne tient-elle pas son nom d’un monde uni vers et par la convergence, qui mériterait donc une interrogation et une étude plus évolutives qu’exhaustives, mais continues autant que contiguës, “sans fin recommencées” telle la mer de Paul Valéry ou toute aventure humaine ? De fait, le nouveau patio de l’Université de Strasbourg représenté ci-dessus, certes petit, mais transparent, net et arrondi, accueille en son amphithéâtre, tout de perfection technique et de matériaux naturels, les graves soutenances et leur jury, les sérieuses thèses et leur braise qui sourit, donc la libre plénitude de la science tournant ses antennes toujours souples vers l’univers et vers l’autre, vers la cohésion du cosmos et vers l’harmonie des esprits, tour à tour grâce au miracle, par moment laborieux, de la visioconférence et grâce à la rafraîchissante rencontre des sujets entre eux comme avec les objets, ou plutôt des cultures avec les sources.

Reconnaissons qu’un tel patio de pierre et de verre, d’essences sylvestres et de pensées en dialogue, renoue – surtout dans la chaleur printanière – avec l’architecture traditionnelle espagnole comme avec la maison antique ou la cour africaine à palabres. Alors les âges et les époques, les langues et les origines, l’analyse et la synthèse, la critique et la création, avancent ensemble vers la compréhension, vers la vérité sans cesse neuve, vers la découverte à mener ensemble et partager : tout se passe comme si, malgré les orages faisant parfois rage, une discrète bougie qui bougerait sur l’écran pouvait pulvériser les obstacles de la distance en rallumant l’écoute, en ouvrant des routes inédites, en associant l‘univers et la cité non seulement des chercheurs passionnés, mais surtout des insatiables marcheurs qui, même déconcertés, parviennent à se concerter pour explorer dès l’aurore, encore. La réalité du XXIe siècle reste décidément plus inépuisable que “la maigre Sorbonne et ses pauvres petits” mentionnés voilà juste cent ans par Charles Péguy ! L’Université unique de Strasbourg a donc le beau devoir ainsi que l’humble pouvoir de dépasser les US et coutumes dans une mUSique aussi fraternelle que rationnelle, interdisciplinaire autant que visionnaire, aussi formatrice que novatrice…

Car nul mystère

ne peut se taire.

Ainsi Strasbourg remplit sa vocation

d’inépuisables communications :

ainsi se tissent

et se bâtissent,

bien loin des listes du savoir creux,

les pistes d’un humanisme heureux.

C’est sûr, nous retrouverons bientôt ce nouveau docteur : Erick Cakpo.

 

 

 

One Reply to “Le campus strasbourgeois reverdit autour du nouveau patio.”

  1. Très beau poème! En espérant que ce nouveau Patio saura donner un nouveau souffle de créativité et d’innovation à l’Université de Strasbourg.

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