Abbaye de Marbach : à gauche le narthex survivant à l’église du XIIe siècle, à droite vestige de la fontaine ornée d’une coquille Saint-Jacques.

L’escalier est en ruine, entre l’entrée de l’abbaye et les marnes éventrées.

Les travaux du futur hôtel-spa LOISIUM ont mis au jour des marnes multicolores.

Est-il possible que des cubes noirs jouent à mort contre ce sacré terroir ? Quelle silhouette, quel chant d’alouette, s’échappe en montrant le chemin même aux murs qui croient voir la fin ?

Façade de l’ancien établissement éducatif de Marbach.

La porte s’entrouvre, les chaises remuent de l’écoute la braise : quelle voix la fait tressaillir sur cette colline d’Alsace ? “Lançons-nous dans l’espace des événements à venir” : qu’ils chassent les rapaces, que la beauté puisse fleurir !

Le portail occidental, seul vestige de l’église de Marbach.

Ces pierres sauvées de justesse libèrent la rude tendresse de Manegold près du torrent dont gicle sur nous le courant.

Au-dessus du Marbach qui ruisselle, le fer forgé de ciel étincelle.

Mais ne suivons pas n’importe quel moine esseulé, désolé, qui nous détournerait du patrimoine.

A Marbach, ne tombez pas dans le panneau !

De la sainteté jaillit la santé pour qu’enfin des monts et des plaines l’alliance naisse souveraine. “Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés”, dit La Fontaine à propos des “Animaux malades de la peste”. Et Rimbaud renchérit face aux formes de rage déchaînant leurs ravages :

“Vous me choisissez parmi les naufragés, ceux qui restent sont-ils pas mes amis?

Sauvez-les!”

On dirait que l’horizon palpe à Marbach le sommet des Alpes…

2 Replies to ““Lançons-nous dans l’espace des événements à venir”.

  1. Comme ce message semble donner des plumes à l’alouette prenant sa volette sur le printemps de Marbach ! Et le moineau des moines nous tend son fond vert comme l’espérance. Oui saluons, avec Rimbaud, “le chant raisonnable des anges s’élevant du navire sauveur”, nous qui avons tous en ce moment besoin d’être sauvés. Il est juste et bon que Théâme continue de contribuer à sauver les âmes… alors que tant des nôtres lancent des SOS (Save Our Souls). Puisse le buvard de l’événement coronaire nous ramener à l’essentiel. “Le monde est bon. Je bénirai la vie. J’aimerai mes frères. Ce ne sont pas là promesses d’enfance. Ni l’espoir d’échapper à la vieillesse et à la mort. Dieu fait ma force, et je loue Dieu.”

    1. Merci, Anne, d’avoir rappelé à Théâme ces phrases jaillies pourtant d'”Une saison en enfer”… Bon sang, mais c’est bien sûr : ne nous faisons plus de “mauvais sang”, faisons face et contre mauvaise fortune bon coeur.

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