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Qu’ils soient modernes ou traditionnels, au début de l’année civile la fête de l’Epiphanie montre les Rois mages comme étant l’image du citoyen dont les moyens dépassent largement son espérance, à la mesure d’un devoir immense.

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En effet, voici les paroles insérées par Claude Bernard et Michel Wackenheim dans leur Messe de l’Europe :

Europa, Europa,

Cité de joie,

Europa, Europa,

Réveille-toi !

Flamme au cœur du monde,

Chasse au loin les ombres,

Fais resplendir un grand soleil

Pour des moissons de justice,

Europe, Europa,

Un arc-en ciel se lèvera.

Paix du Seigneur est promise.

 

Europa, Europa,

Maison du pain,

Europa, Europa,

Ouvre tes mains !

Terre de lumières,

Peuple sans frontières,

Porte le feu de ton bonheur

Sur les chemins du partage,

Europa, Europa,

Sème un amour qui fleurira,

Dieu soit ta part d’héritage !

Par des actions de grâce et de service, percevant et prélevant les prémices, ouvrant les maisons par notre oraison, nous serons porteurs de démocratie en devenant instruments d’harmonie.

D’ailleurs, n’est-ce pas ce que suggère le psaume 83, surtout dans la traduction du mensuel Magnificat ?

“Heureux qui habite Ta demeure, Seigneur… Car des chemins s’ouvrent au profond de nos cœurs !”

Dès lors se déploient de Jean-Louis Chrétien La Joie spacieuse (Editions de minuit, 2007), voire la voie gracieuse, des “larges palais de la mémoire” (page 35) chers au grand Augustin à la louange qui est la voix royale, “le but même du monde, en tant qu’elle est la respiration et la circulation de l’amour” (page 201). Que l’étymologie de l’espace le rapproche davantage de l’espérance que du “spasme” autorise peut-être l’adjonction de “gracieux” à “spacieux” ; mais on pourrait aussi songer au cheminement de Georges Bernanos, aux perspectives de Pierre Teilhard de Chardin descendant et montant au rythme de la science la plus méthodique vers le point Oméga.

La Bible trouve précisément en cet Oméga son achèvement d’après l’Apocalypse, sous une signature johannique accompagnant aussi la quatrième forme de la Bonne Nouvelle : Théâme arpentait récemment son grandiose prologue ; le même chapitre se poursuit par l’immense et pourtant discret mouvement des premiers appels à porter cette nouvelle.

Les profonds séismes soulevant la masse matérielle d’un souffle spirituel se lisent également sous des voix souveraines, et analogues par-delà 2 000 ans : détectée par Héraclite d’Ephèse au VIe siècle de notre ère, l’unité dans la diversité fut affirmée par Nicolas de Cues au XVIe siècle, voilà donc à peine 500 ans. N’en est-ce pas assez pour que l’Eur-Ope sache incarner et dilater, jusqu’à l‘Union dans la diversité qui l’anime au-delà d’une devise, jusqu’à la liberté solidaire, jusqu’à la responsabilité visionnaire, les Larges-Vues inscrites dans son nom, donc dans notre vocation ?

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