Par le documentaire polyglotte de Brad Bernstein Tomi Ungerer, l’esprit frappeur, l‘itinéraire d’un enfant traumatisé, mais doué pour les arts les plus provocateurs et sensuels tels qu’ils se modulent à l’infini au Musée Tomi Ungerer de Strasbourg, nous entraîne dans les vies successives des pages qui crépitent et qui ressuscitent sur les landes de l’Irlande.

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Soudain, les idées vous transpercent “comme la foudre” et comme l’artiste protéiforme dont les grands yeux restent “pleins d’étoiles”, vous amenant en un clin d’œil auprès des personnes décédées qui continuent de veiller sur les vivants  tels “des anges”, tel Jean de la Lune (animé, ou plutôt développé, au-delà de ses modulations internationales par des éditions aux noms évocateurs DiogenesPhaidon ou L’Ecole des Loisirs) : on en arrive tout naturellement au “no mans land entre bien et mal” demeurant, à la manière du “sphincter” alsacien, enfin “sans guerre”, mais non sans les éclats de rire qui fissurent la figure emblématique du graphisme, ou plutôt “l’icône” de l’actuelle iconographie elle-même, sur une joie aussi contagieuse que généreuse, sur l’aventure toujours belle et nouvelle !

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Ainsi le voyageur créateur reçoit son “passeport” pour sortir des ravins de la mort, et “l’esprit frappeur” s’incarne en phrasés pour que ses slogans aient une force de “frappe” roborative, pour que les histoires nées en Europe continuent de produire des “chocs” salutaires, pour que le retable d’Issenheim inspire d’autres tableaux, des perspectives imprévues à prévoir, afin qu’enfin “les défis” nous relèvent comme le soleil… Alors, merci, la vie ! Et merci Tomi !

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Sur d’autres chemins, suivons la même voie de joie qui passe par le Nouveau Monde : le résistant aveugle Jacques Lusseyran surmonta la distance linguistique et chronologique ainsi que l’épaisseur de la cécité pour enseigner la littérature française dans une université américaine, mais surtout pour tracer des lignes saluant, sous le titre Le monde commence aujourd’hui (Silène, “L’Artisan philosophe”, fin 2012) et par-delà leur double mort, en Jérémie – simple frère en résistance au “bloc 57 de Buchenwald”  –  “La joie de découvrir que la joie existe, qu’elle est en nous, exactement comme la vie, sans conditions et, donc, qu’aucune condition, même la pire, ne saurait la tuer” (page 27). Et il poursuit : ” Le bien dont il jouissait n’était pas à lui. Ou plutôt si, mais par participation. Il était aussi bien à nous” (page 30).

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Du même côté de l’Atlantique à travers l’océan bien géant, bienséant, nous vient aussi ces jours-ci la farandole sage et folle d’une autre ode à la joie, de Beethoven aux Negro Spirituals en passant par les chants de Noël et la Nativité facile à improviser, car toujours proche ; dans son irrépressible rythme de réveil, la mélodie saisit dans sa houle les escaliers, les entresols et la foule qui se croyait occupée de bien d’autres affaires dans cette galerie marchande , mais qui prête à son tour à tous les étages, progressivement tout entière, sa voix au bien commun qui se partage : bref, à la voie de la joie. Merci à notre CDI de la rue des Juifs de transmettre cette idéale, irrésistible, movideo !

 

 

 

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