Strasbourg, FEC : un angelot écoute une conférence sur Léo Schnug dans le plafond de la salle Léon XIII restauré.

Rabelais faisait certes l’éloge provocateur des dettes dans son Tiers Livre, anticipant une société digne de son nom – qui désigne originellement une communauté solidaire en son mouvement : elle prendrait en compte, voire orchestrerait, l’interdépendance et la mutualité… Mais, en la Saint-Nicolas, plutôt qu’un pouvoir d’achat, fêtons de la bienveillance l’abondance : c’est l’unique bien qui demeure en croissance. N’est-ce pas la bonté qui fait toujours aimer l’évêque de Myre, l’errant qu’on admire à travers ses avatars, qu’on invoque d’art en art ? Or le don apparaît comme une condition presque physiologique du bonheur dans la nouvelle page économique de La Croix 

Cette découverte fertile comme un œuf étonne, mais résonne en écho frais et neuf à la vieille sagesse enfouie au fond de l’étymologie : en effet, qui dit générosité dit naturelle tension vers la beauté, ou bien génie qui multiplie comme un aimant les éléments… Si la Bonne Nouvelle christique se résume à cet ordre littéral « Vous êtes dépositaires d’un cadeau, donnez un cadeau » (Mt 10, 8), si la Nouvelle Alliance rappelle qu' »un être qui rit en donnant est aimé de Dieu » (2 Co 9, 7), de nos jours aussi Bernanos, l’exilé volontaire pour la paix dans la guerre, l’a reconnu tranquillement : « Entre nous il n’est qu’échange, Dieu seul donne, lui seul. » (Les Enfants humiliés.)

Cathédrale de Strasbourg : le marché s’est éteint – dès lors s’ouvrent les mains.

Quand la pierre s’éclaire, puisse des « enfants humiliés », martyrisés et suppliciés, s’échapper la misère. Ne pas pouvoir donner, par excès de richesse ou bien de pauvreté, ce mal tout à coup cesse dans le soir. Il faut voir seulement les calmes lucioles remplir de paroles nos fioles.

L’ombre sur ses patins glisse et se fait matin.

Mais comment la cité saura-t-elle inviter ? En pleurs ruissellent, à travers le strass qui leur sert de « pass », les étincelles : au creuset du secret dansent les escarbilles des larmes qui scintillent. Qu’enfin le don du beau, du bon, harmonise, dans la brise du seuil, les miséreux avec les généreux, les esprits tristes et les artistes.

Marcelle Cahn naquit du temps de Léo Schnug : deux facettes décalées de la Belle Epoque à Strasbourg…

Le feu couve sous les tempes, en avant vers l’Avent, et court réparer les lampes.

La flamme change en vitrail l’humble nacelle au travail.

Parfois la besogne à l’échec se cogne. Certes, la misère est de ne pouvoir donner… Mais les saints écoutent des gouttes rayonner dans le silence de l’âme pour peu que la soif acclame, par-dessus la mort, l’essor de l’accord : au large, les yeux découvrent les cieux. Est-ce parce que les MONASTÈRES cultivant De lEUROPE les terres par une fidèle ferveur et par la passion des chercheurs sont devenus TÉMOINS DE L’INVISIBLE en révélant son Souffle indivisible ?

Saint Michel sur le Mont et sur la mer, librairie Kléber, Editions Zodiaque et chaîne Arte.

One Reply to “La seule misère.”

  1. Des lucioles en cette approchante sainte Lucie, des escarbilles et jusqu’aux étincelantes flèches ouvrières du haut de leur grue, que de petites lampes allume Theâme pour nous conduire vers l’étoile lente à venir qui se posera sur une humble étable. Oui il est grand le bonheur de donner, et au village un saint Nicolas vient, accompagné de son Hans Trap, donner aux petits enfants des mannalas qui ici s’appellent des jeanbonhommes et des petits christkindle de sucre pâle aux couleurs d’aquarelle. Il est bien plus grand le bonheur de donner que celui de recevoir, chantons-nous parfois On est loin du grand saloir du grand saint Nicolas. Oui la misère serait de ne savoir plus donner; de n’être ni le sel de la terre, ni son miel. Que saint Michel soit prié et puisse en ce jour d’immaculée conception et d’acte 4 intercéder pour que la blessure de la France soit moins grande que les sept dons de ses talents et de ses atouts perpétuels. Nous pouvons nous souvenir des moines et moniales de ses monastères qui tous en ce jour prient en ce sens.

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