Mulhouse, Grand-Rue.

Certes – et heureusement -, “Le masque ne protège pas des regards”, ces envoyés magnétiques établissant le contact comme des aimants ! Mais il risque de nous réduire à vivre sur une planète de singes… Notre museau sans sourire se croirait voué presque au silence ! La langue des signes et les cris peuvent-ils suppléer au dialogue, à l’harmonie ?

Zoo de Mulhouse, ouistitis pygmées.

Fiasco de nos folles fuites grotesques, de nos rêves inhumains – car orphelins de leurs mains -, de nos faces tout compte fait simiesques… Pierre Boulle nous avertissait déjà dans La Planète des singes :

“Qu’est-ce qui caractérise une civilisation ? Est-ce l’exceptionnel génie ? Non ; c’est la vie de tous les jours…”

Nous voilà revenus comme au retour d’ULYSSE dans sa chère patrie au sortir des abysses : mais saurons-nous retrouver l’accord lorsque la mort à plaisir le tord ?

https://www.noosfere.org/livres/niourf.asp?NumLivre=6853

Et cependant il est un chant qui relie le ciel et la terre, qui vient en nous, dansant, cherchant à briser ce qui nous enferre.

Apollon Musagète rejoint les Muses sur l’Hélicon, dans une gravure de 1777 d’après Le Lorrain : le nom des Muses désigne les hauteurs tant immatérielles que naturelles…

C’est une prière à l’Esprit, à l’union gratuite et sans prix, qu’appelait de ses vœux le cardinal Martini : “Donne-nous de nous engager pour une EURope de l’Esprit”, pour une vision certes LOINTAINE, encore en gestation, en germes d’invention, mais déjà souveraine par l’adorable fraternité qui seule sait faire société. Ne formons pas une planète de singes : en chœur, composons le concert des méninges !

Apollon Musagète à l’opéra de Paris.

3 Replies to “La planète des singes ou le chant des méninges ?

  1. Bienvenue au Musagète et avec lui au cortège des neuf muses plus que jamais nécessaires pour nous faire oublier nos muselières… Demeurons néanmoins “les fils de l’entaille et du signe”, accueillant dans l’esprit du Tutti Fratelli de François d’Assise ces autrement-vivants, partageant en vérité la même planète que nous, que sont nos frères les singes, du gorille au pygmée. N’oubliant pas que dans les mythologies hindouistes les singes ont place aux cotés des dieux. Leur complicité avec les arbres n’en fait-elle pas de bons défenseurs de notre ARBRE-MONDE ? Que la vie de tous les jours creuse sa galerie merveilleuse et creuse aussi nos méninges pour qu’au plus noir de nos nuits surgisse un inespéré de lumière…

  2. J’ose rebondir sur la 1ère partie de cet article :
    une vie masquée…, dialogues sans “visage”, c’est moins net, moins présent, moins fort, incomplet… Les visages révèlent les émotions et sans l’échange de celles-ci, difficile de communiquer. En découvrant un visage (dans son entier), je perçois d’abord les traits puis devine les sentiments. Voir l’autre permet d’être attentif à tout ce qui accompagne l’échange, c’est à travers le visage qu’a lieu la rencontre. Il reste sur nos visages aujourd’hui, le regard (si celui-ci n’est pas embué …). La fonction du regard n’appartient ni à l’un ni à l’autre, elle est un entre-deux, le regard est important c’est un peu tout ce qui nous reste pour avoir un lien avec l’autre, une relation, alors même un regard frôlé crée le lien, l’autre existe pour moi, et je compte pour lui …

    1. Après avoir traversé de nuit la France du sud au nord avec un retard de trois heures sur notre itinéraire ferroviaire, Théâme remercie Annedo pour ce message particulièrement pertinent au début d’un nouveau confinement. Avec quelle vigueur l’aimantation des regards, de la parole même masquée et des services mutuels ou professionnels nous rappelle que nous existons par la seule, la précieuse, l’infinie, relation fraternelle, solidaire et tout simplement humaine ! Il nous faut tout mettre en oeuvre pour non seulement contourner, mais surtout empêcher autour de nous – par une attention encore plus forte que les indispensables mesures “barrière” -, les “accidents de la personne” par ces temps de crise.

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