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Dans cet ordre, avec cette parataxe, nous trouvons une rémanence de Paul Éluard et de ses poèmes à Gala qu’il intitula L’amour la poésie :

Dans les plaines nocturnes le feu chercha l’aurore / Il commença tous les voyages par la fin / Et sur toutes les routes

Et la terre devint à se perdre nouvelle.

(Paul Éluard, L’AMOUR LA POÉSIE, Seconde nature XII, Gallimard, 1929.)

La poésie est partout, jusque dans les arcanes des grammaires aux antipodes des nôtres, du gérondif universel à la nuit australe, par exemple dans une langue qui survit au Chili, le mapundungun ou mapuche, cité par un souriant, mais sérieux, passionné des syntaxes et morphologies les plus exotiques :

Feyti weñagkvn afchi Kvyen trvri alofnieetew fvrfvrmawvn mrw.

La nostalgie, c’est la lune à son dernier quartier éclairée par la bruine. (Gabriela Cánovas)”

Jean-Pierre Minaudier, dans Poésie du gérondif (2014, Le Tripode), décline ainsi non seulement le mode infinitif comme le permet dans la plupart des langues le mode gérondif, mais aussi une infinie multitude  de formes survivantes – donc plus réelles que leur déclin – qui sont autant de facettes scintillantes, complémentaires et fraternelles du génie humain.

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Le numéro 8 de la revue “Peut-être” éditée par l’Association des Amis de l’Œuvre de Claude Vigée vient précisément de paraître pour nous montrer le jeu de l’amour, de la poésie et de la liberté. Nicolas Class, poète et philosophe, y développe le thème poétique “Élan vital et écriture de soi – Goethe et le démonique” : il s’agit de reconnaître”une indétermination fondamentale de l’existence”, “reconnaissance d’autant plus impérative qu’elle est la condition catégorique à laquelle nous pouvons nous efforcer de saisir et de maintenir la trajectoire de notre vie”. Or, à partir de Platon, cette part démonique de soi est bien la voix intérieure – mobile autant que modulée – qui accompagne chacun partout “chez soi”, comme le dit en allemand la langue familière, surtout en tournure négative pour définir celui qui perd la tête et, avec la conscience de lui-même, celle du réel.

Martine Blanché, poète et critique, met par la suite en lumière deux poètes et leurs liens notamment germanophones, l’un mort prématurément de leucémie Yvan Goll, l’autre qui fut sont traducteur et reste aussi créateur que présent, Claude Vigée, en suivant leurs “Deux fanaux dans l’errance” : car, écrit-elle, “ils sont devenus tous deux, dans les contradictions de leurs cultures, de véritables médiateurs poétiques, en tant que traducteurs également, car ils savent la puissance universelle du mot, au-delà des frontières de la langue”.

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Ainsi l’écriture franchit les limites individuelles et matérielles : le film Le Facteur avait déjà montré la puissance démiurgique et pourtant si concrète de l’amour la poésie exercée par un autre Paul, Pablo Neruda.

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A l’opposé de ce long-métrage insulaire et solaire, celui de Pablo Larraín intitulé Neruda montre la face noire, dérisoire, incantatoire pourtant, du poète communiste.

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La liberté la poésie, c’est trouver, dans le sillage de Baudelaire, l’inépuisable génie de l’enfance. Car L’enfant qui ne joue pas, écrivait Neruda, n’est pas un enfant, mais l’homme qui ne joue pas a perdu à jamais l’enfant qui vivait en lui et qui lui manquera beaucoup.

En cette Épiphanie, jouons donc par notre vie aux rois d’Orient s’agenouillant, sous l’étoile qui les a guidés, devant le Prince de la paix : car les petits princes cherchent, semble-t-il, à Le suivre obscurément, de leurs phases engagées à leur secrète face, jusque dans les chansons toutes fraîches de Phases cachées.
P.S. Et grand merci à l’Eurojournalist(e) de nous mettre ainsi sur la bonne piste !

 

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